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Nouveau deal entre Pfizer et la Commission européenne

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Assurer la production de 325 millions de doses de vaccins par an en cas de future urgence sanitaire mondiale, c’est le paquet d’un montant inconnu signé par la Commission européenne avec l’américain Pfizer et d’autres entreprises européennes. Cette manne publique tombera au minimum pendant 4 ans, nous apprend Reuters. Des questions restent ouvertes.

La Commission européenne souhaite pouvoir assurer à sa population, et à son économie pandémique, une reprise rapide de la production de vaccins en cas de besoin.

Les entreprises sélectionnées par la Commission européenne grâce à des critères qui ne sont pas connus sont Pfizer pour les vaccins à ARNm, les firmes espagnoles Reig Jofre et Laboratorios Hipra SA pour les vaccins à base de protéines ainsi que les Néerlandais de Bilthoven Biologicals B.V. pour les vaccins à vecteur viral atténué.

Aucune transparence financière

Ces accords ne concernent pas les vaccins Covid et ne remettent pas en question les contrats les concernant. Ces nouveaux accords assurent le financement des plateformes vaccinales qui seront nécessaires “aux futures urgences sanitaires”.

Concrètement, les entreprises s’engagent – contre une somme qui n’a pas été communiquée – à maintenir leurs stocks et sites de production à jour ainsi que leurs chaînes d’approvisionnement actives, pour pouvoir commencer à produire le plus rapidement possible, jusqu’à atteindre 325 millions de doses par an. La durée du contrat est de quatre ans au minimum, huit au maximum.

Une voix critique bien utile

Alors que de nombreuses interrogations restent en suspens, la seule voix critique évoquée par Reuters est celle des organisations qui craignent un nouvel “apartheid vaccinal” entre le Nord et le Sud avec de tels accords qui relèguent les pays en développement à l’arrière de la file d’attente pour les vaccins et les traitements”, déplore Mohga Kamal-Yanni, co-responsable des politiques pour l’ONG People’s vaccines.

Cette inquiétude permet à Reuters de rebondir de manière positive sur le nouveau traité pandémique en cours de négociation, qui demande justement aux pays les plus aisés de faire don jusqu’à hauteur de 20 % de leurs tests, vaccins ou traitements pour les distribuer dans les pays les plus pauvres. Ce que l’agence de presse ne dit pas, c’est que ce traité est hautement controversé.

Autres questions légitimes

Les dernières négociations directes d’Ursula von der Leyen avec Pfizer ont débouché sur le SMSGate et sur une plainte pénale encore en instruction par la justice belge, reprochant à la haute fonctionnaire d’avoir agi sans mandat et sans autorisation des Etats membres.

Dès lors, une question se pose: la Commission européenne a-t-elle cette fois reçu le mandat des Etats membres de négocier ces nouveaux accords en leur nom ?

Une autre question va certainement animer quelques eurodéputés : alors que les finances publiques sont au plus mal, comment justifier de subventionner les outils de travail d’une industrie qui vient d’encaisser des bénéfices mirobolants à hauteur de plusieurs dizaines de milliards ?

Révélations de Politico

Dans un article moins angélique, Politico révèle que le 30 mai 2023 un groupe restreint de députés européens de la commission COVID-19 du Parlement européen a été informé en privé de ce nouvel accord sur les vaccins conclu par la Commission européenne avec le géant pharmaceutique américain Pfizer.

Ces députés ont dû formellement s’engager à ne pas révéler les informations qu’ils ont reçu. L’existence de cette réunion a même été gardée secrète pour les autres députés de la commission COVI.

Politico indique qu’ils n’ont pas été autorisés à prendre des notes ou à apporter leurs téléphones portables dans la salle de réunion, ce qui rappelle les conditions d’accès par certains députés européen à la première génération des contrats d’achat vaccin il y a deux ans et ce malgré tous les remous que continuent de créer ce premier épisode qui avait mis l’Union dans l’obligation d’acheter 1,1 milliard de doses.

Politico conclut en soulignant que ces réunions confidentielles marquent un retournement de situation ironique pour une commission parlementaire qui avait fait de la transparence son cheval de bataille.

Références