Tout savoir sur la bataille de l’info

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Peu à peu, la censure s’installe dans la société, non seulement dans la politique et les médias, mais aussi dans les conversations et au sein des universités, ces lieux censés exister par la liberté de pensée. Des médias libres et des cinéastes s’engagent. Des films saisissants à visionner.

Dès le 25 août, l’Union européenne démarrera une politique de contrôle de l’information ultra-stricte sur tout son territoire. Le commissaire européen Thierry Breton a décidé de changer l’internet de manière fondamentale par le contrôle des ‘fake news’ sur les plateformes qui touchent plus de 10% des utilisateurs…et les autres. Si les diktats de l’Union ne sont pas respectés, elles risquent tout simplement d’être interdites sur le territoire européen. Tout comme pour le passeport vaccinal que l’OMS compte désormais introduire dans le monde entier, les Nations-Unies se sont précipitées pour célébrer les mesures liberticides de l’Europe, dont diverses initiatives d’espionnage des journalistes, en proposant au reste du monde de s’inspirer du Digital Service Act pour lutter contre la désinformation, présentée comme ‘une menace existentielle pour l’humanité’.

Des médias libres dénoncent et se défendent

En Suisse, des associations ont porté plainte au pénal contre les médias mainstream, y compris la chaîne nationale, la RTS. Celle-ci, comme la plupart des télés de grande audience, s’était livrée à de nombreux écarts journalistiques durant la période du Covid (relevés dans ‘Le cirque de l’info’ ), afin de créer le climat de peur nécessaire à l’acceptation des ‘mesures de réponse’. Les interventions de Jean-Dominique Michel reprises dans nos pages, n’ont cessé d’illustrer le gouffre entre l’information des médias officiels et celle des experts indépendants. De même, dans une interview consacrée à la manipulation du récit Covid par les médias, le chercheur au CNRS Laurent Mucchielli avait évoqué un ‘suicide du journalisme’, tant la presse s’était conformée à la véritable ‘doxa sanitaire’ du gouvernement.

Laurent Muchielli dénonce un suicide du journalisme dans la video La doxa du Covid

En Belgique, le réalisateur Bernard Crutzen avait également livré une analyse intéressante de la manière dont les médias avaient épousé la propagande Covid dans son documentaire ‘Ceci n’est pas un complot’. De son côté le journaliste bruxellois Alexandre Penasse de Kairos presse, avait également défié la presse officielle, ce qui lui avait valu des accusations de complotisme et le retrait de sa carte de presse, qu’il est heureusement parvenu à récupérer.

Même combat pour le journal France-Soir. Attaqué par ses confrères pour avoir soi-disant diffusé des fausses informations, le journal avait déjà remporté une première bataille face aux anciens médias ayant demandé la suppression de son agrément de presse. Le Monde avait ainsi été condamné pour avoir dénigré France-Soir.  Le média a mené la contre-offensive en remontant la filière des soi-disant ‘fact-checkers’ comme Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch, payé par le système pour diffamer les sources d’informations critiques. (voir l’affaire du fonds Marianne).

Depuis le journal n’a de cesse de dénoncer le consortium qui contrôle l’industrie des médias, en collusion avec le pouvoir politique, notamment dans la série de huit articles ‘Comment l’Union européenne veut contrôler l’information grâce aux Big Tech’.

Censure et élections aux USA

Malheureusement, ces scandales ne freinent pas la marche inexorable de l’Europe de la censure’. En revanche, aux États-Unis, la bataille pour le maintien de la liberté d’expression fait rage, en particulier dans le contexte de la campagne électorale où des candidats à la présidence comme Donald Trump ou Robert F. Kennedy Jr se plaignent de censure constante.

Kennedy a d’ailleurs attaqué en justice Joe Biden et son gouvernement et le consortium médiatique de la Trusted News Initiative, pour leur ingérence dans les contenus des réseaux sociaux, une politique qui viole le premier amendement de la Constitution américaine consacrant la liberté d’expression. Malgré la pression constante de nombreux élus démocrates, il a récemment témoigné devant la commission judiciaire spéciale de la Chambre du Congrès dédiée à la militarisation du gouvernement fédéral et plus particulièrement à des activités de censure de la Maison blanche.

La CIA, grande prêtresse de l’information

Pour Robert F. Kennedy, “Les États-Unis financent le journalisme dans presque tous les pays du monde. Ils possèdent des journaux. Ils emploient des journalistes, des milliers de journalistes. Ils ne sont pas censés faire cela aux États-Unis. Mais en 2016, le président Obama a modifié la loi pour permettre à la CIA de faire de la propagande auprès des Américains. Nous ne pouvons pas regarder la guerre en Ukraine et la façon dont le récit a été formé dans l’esprit des Américains et dire que la CIA n’a rien à voir avec cela.”

Si ses déclarations semblent à priori difficiles à croire, il y a de nombreux éléments pour les appuyer. La CIA est effectivement aux manettes de la censure avec de nombreux agents placés dans les grands médias et les réseaux sociaux. En réalité, la mission de renseignements des services secrets a toujours été étendue à celle de contrôle et de manipulation des médias. Le site Swiss Policy Research a répertorié une série d’articles, de livres et de documentaires sur le sujet, dont certains remontent déjà aux années 1970. Il analyse aussi comment la propagande se diffuse rapidement grâce au rôle exercé par les trois grandes agences de presse, l’AFP, Reuters et AP, servant des fins géopolitiques et corporatistes.

La concentration des médias dans le chef de quelques acteurs financiers, ainsi que les subventions octroyées par des acteurs privés tels que l’inévitable Bill Gates, partenaire des services de renseignements depuis plusieurs décennies, garantissent un contrôle permanent de l’info, dans un ‘consensus’ médiatique international.

Les arcanes de la manipulation de l’info

Pour mieux comprendre la manière dont les géants du web manipulent aujourd’hui l’information, le docu-drame ‘Derrière nos écrans de fumée’ (ou The Social Dilemma) de Jeff Orlowski-Yang (2020) donne un aperçu des méthodes utilisées pour influencer les comportements des utilisateurs. ‘Les nouveaux loups du Web’ : quand internet menace la vie privée, de Cullen Hoback (2013) démontre à quel point les internautes sont suivis par les gouvernements et les grandes corporations et comment leurs données sont utilisées et revendues à toutes sortes de fins peu légitimes.

Les bases de cette science de la manipulation sont exposées dans le documentaire « Propaganda, la fabrique du consentement » de Jimmy Leipold diffusé par ARTE. Le film part de la figure d’Edward Bernays, l’un des inventeurs du marketing et l’auteur du célèbre ouvrage “Propaganda” pour expliquer comment se crée une propagande de masse à des fins intéressées. Depuis plusieurs décennies, ces théories ont été perfectionnées par diverses méthodes pour influencer l’opinion et le comportement du public dans les domaines de la publicité, du journalisme, ou de la politique et ceci jusqu’à provoquer le soutien à la guerre ou aux changements de régime.

Un journaliste balance toute la vérité dans un accès de folie dans The Network

On peut rappeler aussi, quelques bons films sur les mêmes thématiques : Dans ‘Network – Main basse sur la TV’ de Sidney Lumet (1976), les techniques de manipulation de l’information sont exposées par l’histoire d’un journaliste qui décide un jour de balancer toute la vérité à l’antenne. Ce scénario nous plonge indirectement dans le débat autour de la sincérité des dénonciateurs. Peut-on vraiment faire confiance aux ‘repentis’ comme l’ancien journaliste de Fox News Tucker Carlson ou aux défenseurs des libertés comme Elon Musk qui sont étroitement liés aux agences gouvernementales et à ce que l’on nomme l’État profond ? Ne s’agit-il pas d’une opposition contrôlée ? Difficile de savoir où se trouve la réalité.

Sur le thème de la surveillance des individus, ‘La vie des autres’ de Florian Henckel von Donnersmarck (2006) rappelle comment le régime communiste avait instauré une écoute constante de ses citoyens et persécuté les esprits libres. ‘Snowden’ d’Oliver Stone (2016) revient sur les exploits de l’informaticien Edward Snowden qui a dénoncé l’espionnage en masse par les services américains de tous les contenus du net, mais c’est également le journaliste Julian Assange qui devrait être célébré comme le héros de ce combat pour la liberté de l’information. Trump et Kennedy lui promettent d’être grâcié s’ils sont élus, mais survivra t-il jusque-là ?

Quelle recettes pour traverser tout cela ?

Avant tout, il faut continuer à s’informer et à soutenir les médias indépendants (soutenir Covidhub), ne pas avoir peur de s’exprimer librement, ne pas s’autocensurer, ni craindre la polémique.

Les défenseurs de la liberté d’expression sont de plus en plus nombreux, notamment aux États-Unis, où le candidat Robert Kennedy Jr qui en a fait son cheval de bataille est déjà dans les favoris à la présidence. La situation pourrait donc se retourner dans les mois à venir, il est important de la suivre de près. (Voir l’entretien ‘Kennedy candidat : une candidature qui va libérer le débat’ avec Senta Depuydt).

Pour garder une attitude positive, Lucien Cerise et Philippe Bobola avaient partagé leur vision et leurs conseils éclairés dans la discussion Rester libres face à la propagande en cours qui s’est déroulée dans le cadre des Rencontres de Cara.

Et pour rire un peu de ceux qui empoisonnent la toile par leur vitriol, rien ne vaut ‘la farce de trolls aux petits oignons : recette pour les esprits libres’!