Un 2ème livre pour sortir du déni et des ‘faux souvenirs’

Chantal Frei réagit à l'affaire Esptein et propose des actions à mettre en place. Diffusion de notre entretien dimanche 7 juin à 20h30
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Ose-t-on encore nier l’existence de la violence ritualisée systématique? Ces dernières années, le grand public a découvert avec effroi que les viols, la torture et les meurtres sont commis sur des enfants et des victimes innocentes à des fins de chantage, de commerce ou de rituels sataniques. Les survivantes comme Chantal Frei qui ont osé prendre la parole pour dénoncer ces faits ont souvent été accusées d’inventer des faux souvenirs pour se rendre intéressantes ou se faire de l’argent.

Mais l’affaire Epstein est passée par là. Les documents judiciaires montrent l’ampleur de cette effroyable réalité, et chaque jour de nouvelles victimes trouvent le courage de témoigner. Rejeter ou ignorer la réalité de ces pratiques devient tout simplement suspect.

Et malgré cela, faire reconnaître l’existence des VRS, les Violences Ritualisées Systématiques, reste un véritable défi. Après avoir témoigné de son vécu dans un premier ouvrage intitulé « Une survivante parle », dans la série « 50 voix d’abus rituels » et dans le documentaire « Les survivantes » de Pierre Barnérias, Chantal Frei a éprouvé la nécessité d’approfondir certaines questions en publiant un second livre « Une survivante s’interroge ».

Des réponses aux attaques

Dans la première partie de son ouvrage, Chantal Frei explique comment les arguments des « faux souvenirs » et la campagne médiatique de « la panique satanique » ont été créés de toutes pièces pour discréditer les témoignages des survivants, afin de protéger des membres du réseau pédocriminel face à la justice.

Partant toujours des exemples qu’elle a connus personnellement, elle tente d’illustrer le fonctionnement d’un réseau, son ampleur, la manière dont tout est fait pour imposer le silence et punir ceux qui parlent.

C’est donc un monde à l’intérieur de la société, une véritable mafia, qui est à la manoeuvre et qui touche les plus hautes sphères de la société mondiale. Dans son livre, elle n’hésite pas à décrire plusieurs scènes dans des lieux et avec des personnages parfois très reconnaissables.

Comme elle le confirme au cours de l’entretien, on la sent en attente d’une action plus globale comme par exemple l’ouverture d’une enquête internationale. « Nous avons encore beaucoup d’informations à donner ».

Comprendre les phénomènes

Mais Chantal Frei ne se contente pas de démonter leurs concepts, ni de révéler leur mode opératoire. Elle prend le temps d’expliquer les phénomènes liés au processus de dévoilement personnel: comment le cerveau humain gère les souvenirs liés aux traumas, leur remontée progressive dans des moments de flashback ou des rêves et la différence avec les souvenirs déjà présents à la conscience.

Plus loin, elle explique aussi le concept de TDI ou Troubles Dissociatifs de l’Identité, un phénomène qu’on pourrait qualifier de ‘personnalités multiples’. Le concept est connu et étudié, puisqu’on sait aujourd’hui qu’il est provoqué intentionnellement dans le cadre de programmes militaires de contrôle de l’esprit de type MK-Ultra.

Ces notions sont importantes à saisir pour venir en aide aux victimes des VRS (Violences Ritualisées Systématiques), les thérapeutes, mais aussi toutes les personnes bienveillantes qui souhaitent apporter leur soutien à ceux qui veulent dépasser leurs traumas et sortir de la prison des réseaux pour essayer d’avoir enfin « une vraie vie ».

Les sentinelles de la résilience

Dans la dernière partie de son livre et de l’entretien, Chantal Frei nous parle de différentes actions à mener, selon les qualités et possibilités. Depuis la sortie du film, elle a continué à rencontrer le public, les autres victimes et des professionnels grâce à des séances de projections-rencontres organisées dans différentes localités.

Les liens se sont aussi noués avec des professionnels, ce qui lui a permis d’organiser des séances de formation et d’information autour de la thématique des VRS. Petit à petit, des groupes de travail se sont formés autour de l’accueil des victimes et une douzaine de personnes ont déjà pu bénéficier de leur aide.

Les besoins d’aide sont énormes: obtenir la reconnaissance de la VRS, former des thérapeutes, trouver des logements d’accueil, offrir des possibilités de travail qui permettent de tenir compte du processus thérapeutique, apporter une aide financière. Tout est à faire, mais les initiatives prennent forme et ces quelques pas sont un énorme encouragement.

Un projet est en train de voir le jour, sous le nom des « Sentinelles de la résilience » (site internet à venir). Concrètement, il vise à:

  • Rompre le cercle des violences ritualisées transgénérationnelles
  • Permettre aux victimes de trouver une vie stable et relativement sécure
  • Réaliser une meilleure information sur les VRS auprès du public et des professionnels
  • Soutenir localement des personnes dans le besoin
  • Informer les personnes aidantes ou de leur entourage

Cela se fait en collaboration avec la fondation du CIDE, le Comité International pour la Dignité de l’Enfant fondé par le journaliste vaudois Georges Glatz, une figure de proue dans la lutte contre la pédocriminalité. L’association est active depuis plus de 30 ans et poursuit aujourd’hui son travail avec l’ouverture d’antennes en France et en Belgique.

Nous en reparlerons certainement dans les prochaines semaines, sans doute déjà lors de la journée mondiale de la dignité des victimes de la traite des êtres humains, qui aura lieu à Genève le 30 juillet.

En attendant, nous vous invitons à écouter Chantal Frei et à découvrir son livre, en espérant que cela inspire de nombreux gestes de solidarité.

Site internet de Chantal Frei: https://chantalfrei.com/fr/home-francais/
Canal Telegram: https://t.me/chantalfrei_une_survivante_parle

Evénements à venir avec Chantal Frei, à retrouver dans notre agenda: https://essentiel.news/evenements/

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