Thiel, Gates, Bezos et Altman ont investi dans l’exploitation de terres rares au Groenland avec un plan pour y construire une « cité autonome »

Article en bref

Nous proposons ci-dessous la traduction d'un article publié originellement en anglais le 15 janvier 2026 par le média "Off the Front Page". Il contient une actualité intéressante, que nous explorerons bientôt plus en détail, dans la continuité de ce que nous avons déjà décrit sur les cités autonomes, l'accélérationnisme et le mouvement technocratique.

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Traduction de l’article publié dans « Off the Frontpage » le 15 janvier 2026

Après que le président Donald Trump ait publiquement manifesté son intérêt pour le Groenland, plusieurs milliardaires de la Silicon Valley ont commencé à investir dans les ressources inexploitées de l’île.

Peter Thiel, Bill Gates, Jeff Bezos, Michael Bloomberg et Sam Altman font partie de ceux qui se sont lancés dans l’aventure.

Leurs initiatives suggèrent qu’ils considèrent le Groenland non seulement comme une région riche en minerais, mais aussi comme un lieu présentant une valeur stratégique à long terme, alors que les États-Unis s’intéressent de plus en plus à l’Arctique.

Certains d’entre eux soutiennent même des projets visant à y construire une « cité autonome » futuriste.

Terres rares, IA et soutien de milliardaires

Depuis 2019, Kobold Metals, une entreprise qui utilise l’IA pour localiser les éléments de terres rares nécessaires à l’électronique et aux technologies d’énergie verte, a bénéficié des investissements de Bill Gates, Jeff Bezos et Jeff Bloomberg par l’intermédiaire de Breakthrough Energy, un fonds dédié aux technologies propres dirigé par Gates.

Son objectif affiché est « d’accélérer l’innovation en matière d’énergie verte et construire les industries du futur ».

Kobold avait clôturé un important cycle de financement (dit série A) peu après que Trump ait lancé pour la première fois l’idée d’acquérir le Groenland.

En 2022, Sam Altman a rejoint le groupe de bailleurs de fonds par l’intermédiaire de son fonds de capital-risque Apollo Projects, contribuant au cycle de financement de l’entreprise appelé série B, à concurrence de 192,5 millions de dollars.

En 2024, l’entreprise est encore parvenue à lever 537 millions de dollars lors d’un cycle de financement appelé série C, ce qui l’amène à une valorisation de près de 3 milliards de dollars.

La prospection alimentée par l’IA de Kobold a suscité un regain d’intérêt pour le Groenland, qui recèle d’importants gisements de cobalt, de nickel et d’éléments de terres rares essentiels aux batteries et aux technologies propres.

La société serait en train de lever des capitaux supplémentaires.

La « cité autonome » de Peter Thiel

Alors que ses autres partenaires se concentrent sur les minéraux, Peter Thiel investit dans Praxis, une start-up qui envisage de construire une ville high-tech sur le sol groenlandais.

Cette ville, décrite comme une « Freedom city », vise à attirer les innovateurs et les entrepreneurs en promouvant les technologies de pointe et une ingérence minimale de la part du gouvernement.

Thiel a financé Praxis au début de l’année 2021, conformément à son intérêt de longue date pour les modèles de gouvernance alternatifs et les modes de vie futuristes.

Le milliardaire qui a lancé l’idée du Groenland

Selon l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, l’idée initiale d’acheter le Groenland est venue de Ronald Lauder, héritier de la fortune Estée Lauder et associé de longue date de Trump.

Selon Forbes, Trump lui aurait confié en 2018 qu’« un homme d’affaires éminent de sa connaissance avait suggéré que les États-Unis achètent le Groenland », identifiant plus tard cet homme comme étant Lauder.

Lauder ne s’est pas contenté de proposer l’idée, il a également investi dans le projet. Le journal danois Politiken a rapporté qu’il avait investi dans une entreprise locale d’embouteillage d’eau douce détenue conjointement par un éminent homme politique groenlandais.

Il participe également à un consortium qui milite pour la construction d’une centrale hydroélectrique sur le plus grand lac de l’île.

Dans une tribune publiée en février 2025 dans le New York Post, Lauder a écrit que les États-Unis pourraient « conclure un nouvel accord trilatéral avec le Groenland et le Danemark afin d’officialiser la coopération dans l’Arctique », comme alternative à la propriété pure et simple aux États-Unis.

(NDLR: Ronald Lauder est aussi un proche de Netanyahou, considéré comme un membre majeur du « Mega Group », le cercle de milliardaires juifs américains impliqué dans le réseau Epstein. Il a succédé au milliardaire mafieux Edgar Bronfman à la tête du Congrès mondial juif et a servi d’assistant secrétaire à la défense des Etats-Unis pour l’OTAN après avoir eu une carrière comme ambassadeur d’Autriche, sous la présidence de Ronald Reagan).

Trump ravive l’intérêt, Musk exprime son soutien

Début janvier 2026, Trump a déclaré aux journalistes à bord d’Air Force One: « Nous avons besoin du Groenland », présentant l’île comme une priorité en matière de sécurité nationale.

Ces commentaires ont été faits quelques jours seulement après l’intervention militaire américaine au Venezuela.

Le conseiller de la Maison Blanche Stephen Miller a pour sa part refusé d’exclure une intervention militaire lorsqu’il a été interrogé par CNN, ce qui a incité les dirigeants européens à publier une déclaration commune soutenant la souveraineté du Groenland.

Si certains responsables américains, dont le président de la Chambre des représentants Mike Johnson et le secrétaire d’État Marco Rubio, ont depuis écarté toute idée d’invasion du territoire par les États-Unis, la position de Donald Trump a ravivé l’intérêt du public.

De son côté, Elon Musk a publié en janvier 2025 sur X: « Si le peuple groenlandais souhaite faire partie des États-Unis, ce que j’espère, il sera le bienvenu. »

NDLR: Sur ce post d’Elon Musk, on reconnait Charlie Kirk aux côtés de Donald Trump Jr. lors d’un voyage en janvier 2025, peu avant que Trump fasse son retour à la Maison Blanche. Cette visite a été énormément médiatisée. Selon Kirk, les habitants du Groenland les ont accueillis avec des casquettes de supporters MAGA, exprimant leur frustration envers le gouvernement danois et leur souhait d’accéder à plus d’autonomie et de richesse sous une gouvernance américaine…

Présence américaine croissante et préoccupations stratégiques

Marc Jacobsen, expert en sécurité arctique au Collège royal danois de défense, a déclaré que les investissements de Lauder n’avaient probablement « aucune substance économique ».

« Ce qui importe ici, c’est le lien étroit avec les décideurs groenlandais. Il s’agit d’une question de stratégie et de prise de contrôle », a déclaré M. Jacobsen à Forbes.

Il a souligné la présence américaine croissante sur l’île, en partie due aux nouveaux vols directs entre New York et la capitale, Nuuk.

« Il y a plus d’Américains que jamais au Groenland… il peut être difficile de savoir s’ils sont uniquement des touristes ou s’ils s’intéressent également aux « investissements stratégiques », a-t-il déclaré.

Alors que l’intérêt géopolitique pour l’Arctique s’intensifie, le Groenland se positionne comme un enjeu stratégique majeur en tant que plaque tournante pour les terres rares, l’énergie et toutes sortes d’opérations militaires auxquelles les plus grands noms de la technologie et de la finance sont souvent associés.

A lire aussi pour approfondir le contexte de ces informations:

Article sur l’actualité Venezuela, Groenland et le « mouvement technocratique »:

Article sur les « cités autonomes »:

Article sur « l’accélérationnisme »:

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Un commentaire

  1. Je ne suis pas sûr que beaucoup de gens le savent mais les usa est un pays qui s’est notamment formé par l’achat de territoire (pareillement qu’un autre comme par hasard). Et le problème c’est qu’en cherchant je n’ai pas trouvé qui a financé ? Au passage, j’ai le même problème avec la saga rockefeller, qui les a financé au début ? Dès qu’il s’agit de nom de banque, c’est l’opacité.

    On parle tout le temps des usa comme les maîtres de l’Europe, mais qui a financé et peuplé ce territoire si ce ne sont des européens ? Les vrais maîtres sont toujours dans l’ombre, loin derrière, seul façon pour eux de perdurer. Il faut donc se méfier des histoires qui circulent trop facilement.

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