Cadeau de départ? Tulsi Gabbard a balancé les dossiers Fauci sur les gains de fonction

Un choix de révélations qui sert une stratégie politique.
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Tulsi Gabbard, la directrice sortante du Renseignement national américain, a publié vendredi 19 juin une vidéo sur X dans laquelle elle présente ce qu’elle qualifie de preuves inédites incriminant l’ancien conseiller médical en chef Anthony Fauci. Selon ses dires, les documents attestent de son implication dans le financement de la recherche sur les gains de fonction au laboratoire de virologie de Wuhan et révèlent la manière dont il a trompé les services de renseignement sur le lien probable avec l’origine de la « pandémie » de Covid.

Un pavé pour Fauci

Le jour de son départ, son bureau a publié un message accablant sur X: « Mensonges. Désinformation. Censure. Voilà la stratégie de Fauci. » Le message ajoutait: « Pour son dernier jour en tant que directrice du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard met en œuvre les priorités du président des États-Unis et s’attaque à l’État profond, en donnant suite à la loi de 2023 sur les origines du Covid proposée par Josh Hawley et en révélant la vérité qui avait été cachée au peuple américain sous l’administration précédente. »

Selon Gabbard, Fauci ne s’est pas contenté de financer la recherche; il est aussi intervenu dans le choix des scientifiques qui ont mené l’enquête sur l’origine de la pandémie pour les services de renseignement, sachant que leurs conclusions serviraient de base aux évaluations officielles, et seraient présentées publiquement comme neutres et indépendantes.

Elle a également accusé l’ancien directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) d’avoir menti sous serment. En 2024, les membres de la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus avaient demandé à Fauci s’il avait interagi avec la CIA, le FBI ou la DIA sur les questions concernant l’origine des virus. Fauci avait alors nié toute collaboration, mais Gabbard affirme que les documents prouvent le contraire.

Ces documents contiennent-ils de nouvelles révélations? Le rôle d’Anthony Fauci dans la formation d’un « cartel de la pandémie » avec Bill Gates, l’industrie pharmaceutique et militaire, a été exposé de manière étendue dès 2022 par Robert Kennedy Junior dans son livre « Anthony Fauci, Bill Gates, Big Pharma: leur guerre mondiale contre la démocratie et la santé publique« .

L’origine de la pandémie, un enjeu électoral

Aux Etats-Unis, la discussion sur l’origine naturelle ou fabriquée du coronavirus était rapidement devenue une affaire de politique partisane. Initialement chargée d’enquêter sur les dépenses indûes et la fraude sous l’administration Trump, la sous-commission spéciale de la Chambre des représentants sur la pandémie de coronavirus avait vu ses missions redéfinies en 2023, sous la direction des Républicains. Sa mission avait alors été redirigée vers l’enquête sur les origines du virus, les dépenses publiques et les mesures sanitaires obligatoires.

Ce n’est toutefois qu’en 2024 que Fauci avait été appelé à témoigner publiquement, marquant ainsi sa première comparution devant le Congrès en tant que simple citoyen depuis son départ à la retraite en 2022. L’audition, intitulée « Une audition avec le Dr Anthony Fauci », a été organisée par la sous-commission dirigée par le Parti républicain et avait porté sur les origines de la Covid-19, le financement du NIAID en Chine et la réponse à la pandémie.

Au cours de son témoignage, Fauci a réfuté les allégations selon lesquelles il aurait dissimulé la théorie de la fuite de laboratoire ou menti au sujet des recherches sur le gain de fonction menées à Wuhan, qualifiant ces affirmations d’« absurdes ». Tout en reconnaissant que la fuite de laboratoire était une possibilité, il avait soutenu qu’il était « moléculairement impossible » que les virus étudiés à l’Institut de Wuhan soient à l’origine du SARS-CoV-2.

L’audition avait fortement divisé la Chambre. Les membres républicains avaient mis Fauci sous pression avec les questions de transparence et de gestion des budgets, tandis que les membres démocrates avaient défendu son bilan en accusant la commission d’alimenter les théories complotistes.

Fauci avait de son côté multiplié les réponses évasives, jonglant entre les arguments d’autorité et les « je ne m’en souviens pas ».

Peu avant les élections, il avait tout de même bénéficié d’un « pardon préemptif » de la part de l’ancien président Joe Biden, couvrant la période entre 2014 à 2025. Mais apparemment, ceci ne le protègerait pas des futures accusations de parjure.

Avec l’arrivée de Robert Kennedy Junior à la tête du département de la santé, les attentes de voir Fauci et ses complices remis sur la sellette se sont ravivées. Les supporters du célèbre avocat attendent que vérité soit faite et que justice soit rendue, en particulier depuis la parution d’un second livre intitulé « Labo P4 de Wuhan, que nous a-t-on caché? La terrifiante course aux armes biologiques« .

Dans ce pavé de 600 pages, publié en 2023, Kennedy avait déjà divulgué une importante série de documents attestant de la fabrication des pandémies par l’appareil militaire, avec la complicité du ponte de la santé et du « cartel de la biosécurité ».

De son côté, Trump – qui s’était pourtant félicité d’avoir hâté la mise au point d’un vaccin ‘miracle’ avec l’opération Warp Speed, avait ‘habilement’ repris l’argument à son compte. Il avait donc officiellement imposé « sa » version sur l’origine du virus, histoire de pointer les ennemis à combattre: la Chine et les armes biologiques de gain de fonction.

Avec les ‘midterms’ (élections de mi-mandat) en perspective au mois de novembre, marquer des points sur le dossier Fauci relève donc d’une importance stratégique auprès d’un électorat, d’autant qu’il est en chute libre avec la guerre en Iran, l’inflation et les dossiers Epstein.

Trouver des coupables

En avril dernier, le Dr David Morens, ancien bras droit d’Anthony Fauci, a donc été mis en examen par le ministère de la Justice, dans le cadre du même dossier.

Morens, qui a occupé le poste de conseiller principal auprès du directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) de 2006 à 2022, avait déjà dû comparaître devant le Congrès en 2024. Il était accusé d’avoir fait « disparaître » des courriers internes controversés de l’agence et d’avoir entretenu une correspondance privée avec de hauts responsables, ainsi que Peter Daszak, le directeur d’EcoHealth Alliance, qui a financé des recherches sur le gain de fonction au laboratoire chinois de Wuhan.

L’homme est aujourd’hui accusé de complot contre les États-Unis; de destruction, d’altération ou de falsification de documents dans le cadre d’enquêtes fédérales; de dissimulation, de suppression ou de mutilation de documents; et de complicité et de corruption. Il encourt jusqu’à 28 ans de prison.

De son côté, Fauci est attendu devant le Sénat pour un interrogatoire qui sera mené par le sénateur Rand Paul  du Kentucky, dans les prochaines semaines. La date précise n’a pas encore été communiquée, et on ignore si Fauci sera questionné sur l’implication des États-Unis dans la création et le financement de laboratoires biologiques mondiaux.

L’agenda de Tulsi Gabbard

Tulsi Gabbard avait annoncé en mai qu’elle quittait ses fonctions pour s’occuper de son mari Abraham, chez qui une forme rare de cancer des os a été diagnostiquée. Mais l’annonce était intervenue peu après qu’une rumeur ait circulé sur le fait que son bureau aurait été l’objet d’un raid de la CIA. Lors de ce ‘coup’ interne, l’agence aurait repris des dizaines de boîtes contenant des documents sur le programme MK Ultra, ainsi que sur l’assassinat de Kennedy, « empêchant » ainsi Tulsi Gabbard d’aller au bout de l’enquête. La CIA et Gabbard avaient démenti l’affaire, mais les véritables motifs de son départ ont évidemment continué d’alimenter les spéculations.

Gabbard avait ensuite annoncé qu’elle s’en irait sur un coup d’éclat en divulguant différents dossiers classés secrets: les manoeuvres de Fauci pour dissimuler les origines de la pandémie, les financements d’armes biologiques de type ‘gains de fonction’, mais aussi certains dossiers MK Ultra ou encore la saga de l’influence russe dans les élections américaines lors du premier mandat de Trump.

Le 12 juin, elle a donc démarré sa grande série de révélations en annonçant la déclassification de documents sur les laboratoires de recherches à l’étranger, un sujet qu’elle estimait « prioritaire ».

Selon ses dires, les documents en sa possession ont confirmé l’existence de 120 laboratoires biologiques financés ou détenus par les États-Unis dans 30 pays, dont beaucoup fabriquent et manipulent des maladies infectieuses. Gabbard avait déjà dénoncé l’existence de ces programmes, suite aux accusations faites par le général russe Kirillov devant l’ONU lors de l’invasion en Ukraine, mais on l’avait ridiculisée en l’accusant de relayer la propagande russe.

On pouvait donc s’attendre à quelque chose de consistant lors de ce premier « largage de bombe ». En réalité, sur le volet des labos ukrainiens, le public n’a pourtant reçu que 4 maigres pages partiellement caviardées, sans date, ni noms identifiables. En somme beaucoup de paroles, mais rien de vraiment neuf.

Dans un article du Defender daté du 15 juin, la lanceuse d’alerte Sasha Latypova, qui est d’origine ukrainienne, avait réagi en disant que le Département de la défense possédait les biolaboratoires ukrainiens depuis plus de 20 ans, les ayant « achetés pour 15 millions de dollars lors de la vente en faillite de l’Union soviétique en 2005 ».

« Ces biolabs… ont été financés par toutes les administrations américaines depuis 2005, et les divulgations de Gabbard ne sont rien d’autre qu’un jeu politique avant le cycle électoral de 2028. Elle n’a d’ailleurs pas appelé à suspendre le financement de ces laboratoires ».

Il est vrai que même si Tulsi Gabbard semble attachée à la transparence, elle nourrit toujours des ambitions politiques et ses supporters pensent qu’elle pourrait à nouveau se présenter aux présidentielles.

Précédemment, en janvier, Tulsi Gabbard avait « personnellement supervisé » la saisie de documents relatifs à l’élection présidentielle de 2020 dans le comté de Fulton, en Géorgie, une mission qu’elle avait menée à la demande expresse du président. Mais les détails de cette perquisition et d’autres secrets liés à l’élection restent encore confidentiels, alors même que cela reste soi-disant « l’une des principales priorités de Donald Trump ».

Ici, tout comme sur le volet MK, rien à se mettre sous la dent pour l’instant.

Les documents « Fauci »

Finalement, le 18 juin, à la veille de son départ, Gabbard sort le dossier Fauci. Il est encore trop tôt pour savoir si ce qui a été rendu public contient vraiment des nouveautés, ou s’il s’agit uniquement de fournir les documents confirmant les accusations des dernières années.

Manifestement, on y retrouve des preuves de divers crimes et délits commis par Anthony Fauci et ses complices. À commencer par son implication dans le financement des recherches de gain de fonction chez les coronavirus de chauve-souris au laboratoire de Wuhan, par l’intermédiaire de Peter Daszak et de l’organisation Eco Health Alliance.

On y trouve également des preuves de ses manoeuvres directes pour influencer les rapports scientifiques et imposer le récit d’une transmission zoonotique « naturelle ».

Un nouvel épisode dans la saga de la chauve-souris

Quant aux explications scientifiques, il semble qu’elles soient de plus en plus « chimériques ».

Certes, les intentions perfides et les agissements délirants d’une bande de scientifiques et de militaires associés à un cartel bancaire déterminé à se faire de l’argent avec « des urgences sanitaires » ne sont plus à démontrer. Mais les différentes versions du récit pandémique et de ses origines restent étonamment confuses et pourraient nous détourner des problèmes de fond.

Dernière touche au récit: les recherches visaient d’abord à créer un vaccin pour les chauves-souris.

Un article du Defender a tenté de résumer la ‘dernière version en date’ dans un paragraphe intitulé « l’histoire se complique »:

Selon le rapport de la DARPA, le virus SARS-CoV-2 était probablement destiné à être utilisé pour un vaccin contre les chauves-souris avant de s’échapper du laboratoire de Wuhan. «L’objectif de l’expérience dans le programme DEFUSE d’EcoHealth était de vacciner des chauves-souris dans les grottes du Yunnan, en Chine, où de nouveaux coronavirus avaient été découverts».

Cependant, le virus «s’était échappé et s’était propagé rapidement car il avait été transformé en aérosol afin de pouvoir infecter efficacement les chauves-souris dans les grottes. Mais comme il n’était pas encore apte à infecter les chauves-souris, elles n’ont pas été atteintes».

Le rapport suggère que ce SARS-CoV-2 présentait en revanche des caractéristiques qui le rendaient facilement transmissible au sein des populations humaines.

«La raison pour laquelle cette maladie est si déroutante tient au fait qu’il s’agit moins d’un virus que de protéines Spike modifiées, qui ont pris place à bord d’un essaim de quasi-espèces de SARS-CoV. Plus ce dernier se rapprochait de la forme finale d’un vaccin vivant atténué, plus il est probable qu’il ait subi une désatténuation depuis sa fuite initiale en août 2019 », indique le rapport.

«Un an après que la DARPA eut rejeté cette proposition visant à créer des virus chimériques de chauves-souris à l’Institut de virologie de Wuhan, un nouveau virus de chauve-souris doté d’un site de clivage par la furine a commencé à infecter des humains à Wuhan. Aucun autre virus étroitement apparenté ne possède ce site de clivage par la furine », a rapporté Real Clear Investigations en avril.

Nous laissons aux scientifiques dans l’âme le soin de décortiquer le rapport de « Real Clear Investigations« .

L’important étant de savoir que Fauci avait connaissance des inquiétudes concernant le site de clivage de la furine du SARS-CoV-2 dès le début de la pandémie.

Dans un e-mail daté du 31 janvier 2020, Fauci écrivait: « Je viens de raccrocher avec Kristian Anderson et il m’a fait part de ses inquiétudes concernant la mutation du site de clivage de la furine dans la protéine Spike du 2019-nCoV qui circule actuellement. »

Et, dans un échange ultérieur, il s’était contenté de mentionner que: «L’affaire se complique.»

Le choix du combat

Mais faut-il en conclure que l’origine d’une gigantesque pandémie est ici établie? Se concentrer sur cette seule controverse alimente tout le récit de la « terrifiante course aux armes biologiques », qui va justifier de nouveaux budgets militaires et de nouvelles politiques de contrôle. Des scientifiques indépendants ayant fait partie des commissions de surveillance des armes biologiques estiment que les scénarios de pandémie d’origine virale, avec ou sans gain de fonction, sont peu réalistes.

Le prof. Martin Zizi s’en était déjà expliqué à Essentiel News dans un entretien consacré aux armes biologiques. Ancien expert en armes chimiques et biologiques auprès du Conseil de sécurité de l’ONU durant 15 ans, Martin Zizi avait affirmé que la possibilité de concevoir des armes biologiques pour créer des pandémies est quasi nulle, et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, si le fait de manipuler un virus dans un laboratoire n’est guère compliqué, en faire une arme de destruction massive efficace que l’on peut contrôler à l’échelle planétaire est particulièrement difficile. Ensuite vient la difficulté de se protéger soi-même des conséquences de cette arme. Il est bien plus simple d’utiliser des vaccins, car cela permet de sélectionner ses cibles et finance l’opération. Enfin, il est assez aisé de détecter une trace biologique de ce type d’armes, ce qui ouvre la porte à une réplique par l’utilisation d’armes de destruction de masse bien plus radicales, telles que les armes chimiques ou nucléaires.

Il n’est pas le seul à le penser, à voir la réaction du professeur Wolfgang Wodarg aux annonces de Tulsi Gabbard:

Plutôt que de se focaliser sur les histoires de gain de fonction, l’enquête devrait aussi approfondir la question des tests PCR, celle des patients faussement diagnostiqués « Covid » ou encore la collusion avec Bill Gates, Nathan Wolfe – un proche de Jeffrey Epstein – dont la société Metabiota dirige un réseau mondial de « biolabs’ et in fine, avant toute autre chose le cartel bancaire qui fait tout pour monétiser des urgences sanitaires.

De toutes façons, il semble clair que les révélations ne mènent que très rarement à des arrestations. L’affaire Epstein en est la preuve.

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