11/09: Comment on a éteint l’enquête sur les trillions « évaporés » du budget de la Défense
Nous vous proposons en exclusivité une vidéo de James Corbett publiée cette semaine, que nous avons traduite et sous-titrée en français. À l’approche du 25ᵉ anniversaire des attentats du 11 Septembre 2001, nous estimons particulièrement important de rendre cette enquête accessible au public francophone.
James Corbett est, à nos yeux, l’un des chercheurs les plus prolifiques et les plus rigoureux engagés dans la recherche de la vérité sur le 11 Septembre. Il revient ici sur une dimension qu’il juge essentielle, mais trop souvent négligée: la piste financière et l’affaire des milliers de milliards de dollars « disparus » du Pentagone.
Beaucoup connaissent les déclarations de Donald Rumsfeld du 10 septembre 2001, lorsqu’il reconnaissait que le Pentagone était incapable de retracer des transactions représentant 2’300 milliards de dollars. Bien moins nombreux sont ceux qui connaissent toute l’ampleur des accusations entourant cet « argent manquant ».
Corbett commence par corriger un récit largement répandu: le problème n’a pas été découvert la veille des attentats, et les investigations n’ont pas cessé le lendemain. Il remonte aux anomalies comptables de l’exercice 1999 et rappelle que Rumsfeld avait déjà été interrogé sur ces sommes lors des auditions de confirmation de sa nomination, en janvier 2001.
Pour reconstituer cette histoire, Corbett reprend notamment des extraits de son documentaire 9/11 Trillions: Follow the Money, publié en 2015, consacré aux différentes ramifications financières du 11 septembre. Il revient sur les comptables et analystes budgétaires tués dans l’attaque du Pentagone, ainsi que sur la destruction de dossiers d’enquête dans le World Trade Center 7. Il soutient que les attentats ont contribué à prolonger la dissimulation des irrégularités, tout en soulignant que les victimes n’étaient pas les seules personnes à travailler sur ces questions. L’affaire s’est donc poursuivie: de nouveaux rapports et témoignages ont continué à alimenter les investigations après 2001.
Corbett retrace ensuite l’élargissement du dossier: 8’500 milliards de dollars évoqués en 2013, puis 21’000 milliards d’ajustements comptables non justifiés recensés dans les travaux de Catherine Austin Fitts, de Solari, et de Mark Skidmore, de l’université d’État du Michigan, portant sur la Défense et le département du Logement et du Développement urbain. Dans un entretien de 2018 dont la vidéo reprend plusieurs passages, Skidmore expose les anomalies relevées et ses démarches infructueuses pour obtenir des explications précises.
Un autre tournant est l’adoption, en 2018, de la norme comptable fédérale FASAB 56. À travers les analyses de Catherine Austin Fitts, Corbett décrit le passage d’une comptabilité défaillante à une opacité qu’ils considèrent comme officiellement organisée. Fitts y voit une étape majeure d’un « coup d’État financier »: les citoyens seraient contraints de financer, par leurs impôts et leur épargne-retraite, un système dont ils ne peuvent plus contrôler convenablement l’utilisation des ressources. Son avertissement dépasse ainsi le seul budget militaire pour concerner le crédit fédéral, les titres du Trésor et les entreprises privées qui en dépendent.
La conclusion de Corbett est une invitation à suivre l’argent, plutôt qu’à enfermer cette affaire dans une formule devenue familière – « 2 300 milliards annoncés la veille du 11 Septembre, puis oubliés ». Son propos n’est pas d’annoncer que la destination de toutes ces sommes aurait été établie, mais de montrer pourquoi cette investigation reste indispensable.
Derrière les chiffres et les mécanismes comptables se pose une question fondamentale: qui contrôle les ressources publiques, qui en bénéficie et qui doit rendre des comptes? Vingt-cinq ans après les attentats, c’est cette dimension financière, et ses prolongements jusqu’à aujourd’hui, qu’il appelle les chercheurs et le public à réexaminer.
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