Article d’Isabelle A. Bourgeois pour Essentiel News, journaliste et fondatrice du média Planète Vagabonde
Une guerre a lieu sous nos yeux. Mais ses soldats n’ont ni uniforme, ni drapeau. Ses champs de bataille ne sont ni l’Ukraine, ni Gaza, mais l’esprit humain. Ses armes sont silencieuses, invisibles, et pourtant, elles transpercent les murs et modifient la conscience. Bienvenue dans l’univers des armes psychotroniques et comment s’en protéger.
L’intérêt pour les «armes psychotroniques» – ces techniques prétendument capables d’influencer l’esprit par l’énergie – transparaît dans une série de brevets américains étonnants depuis 1950. La plupart de ceux cités dans un récent «Mémorandum sur les armes psychotroniques» existent bel et bien, avec des inventeurs et des descriptions techniques précises. Le document de 24 pages, datant de novembre 2024, est établi par Hélène Pelosse, survivante de rituels MK-Ultra (elle témoigne dans le dernier film de Pierre Barnérias, « les Survivantes »), sur la base d’articles écrits par Frédéric Morin, fondateur et rédacteur en chef du journal Morphéus. Selon ses auteurs, les technologies modernes permettent déjà de manipuler la perception sensorielle d’un individu, de modifier ses émotions, voire d’influencer son comportement par des champs électromagnétiques ciblés.
Flashback
L’idée n’est pas neuve. Le 24 juillet 1977, devant une commission du Sénat américain, d’anciens agents de la CIA révèlent l’impensable: depuis des décennies, militaires et scientifiques expérimentent en secret des moyens de contrôler l’esprit humain. De Moscou à Washington, la guerre froide s’est aussi jouée dans les laboratoires, à grand renfort d’ondes et de manipulations mentales. Armes à énergie dirigée et technologies psychotroniques – fusion de la psychologie et de l’électronique – ont été développées loin des regards, puis testées sur des cobayes humains. Leur but: influencer à distance les pensées, émotions et comportements, sans laisser de traces. Aujourd’hui, d’anciens «programmes noirs» refont surface et des victimes témoignent. Enquête sur une réalité dérangeante, à la frontière de la science et de la folie.
Des savants fous à l’assaut du cerveau (1945-1970)
Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, les grandes puissances se lancent dans une course aux armements d’un genre nouveau. Aux États-Unis, la CIA et l’armée recrutent des savants nazis via l’opération Paperclip pour explorer l’hypnose, la privation sensorielle, les drogues et autres techniques de manipulation mentale. Leur obsession : découvrir s’il est possible de «contrôler une personne au point qu’elle fera ce qu’on lui demande, même contre sa propre volonté et ses instincts les plus fondamentaux». Dès 1947, des projets clandestins sont lancés: Chatter, Bluebird, Artichoke, puis le fameux MK-Ultra en 1953. Pendant ce temps, en URSS, on redoute que l’ennemi ne prenne l’avantage sur le front psychique. Les travaux paranormaux menés en secret sont si avancés que, dit-on, l’armée rouge équipe ses soldats de casques protecteurs anti-ondes dès la fin des années 1960.
Sous le sceau du secret-défense, le programme MK-Ultra va sombrer dans l’horreur. Financées par la CIA, des expériences inhumaines sont menées sur des sujets vulnérables – souvent des enfants – pour briser leur psyché et créer des «candidats mandchous» entièrement contrôlables. Drogues hallucinogènes, électrochocs, abus sexuels ritualisés, tortures physiques et psychologiques: tout est bon pour fracturer l’esprit et y implanter de nouvelles personnalités obéissantes. L’idée est de programmer des tueurs, espions ou esclaves à déclenchement post-hypnotique. Une simple phrase, un son ou même une couleur pourra plus tard activer ces «alter ego» cachés – parfois des décennies après le traumatisme initial. Le terme même de «Manchurian Candidate» – popularisé par un roman de 1959 puis un essai de 1979 – désigne ces marionnettes humaines conditionnées.
Parallèlement, on s’attaque déjà au cerveau par la technologie. En 1964, le neuropsychiatre espagnol José Delgado stupéfie le monde en arrêtant net un taureau en pleine charge grâce à une télécommande reliée à une puce implantée dans le crâne de l’animal. Ce tour de force préfigure ce que la CIA espère accomplir chez l’homme. À Yale, Delgado poursuit ses expériences en radioguidant des chats, singes… puis des êtres humains, prouvant qu’un signal électromagnétique bien calibré peut induire mouvements et émotions à distance. Ces avancées inquiètent certains scientifiques. Au Canada, en pleine guerre froide, le Pr. Michael Persinger démontre qu’un champ magnétique appliqué au lobe temporal peut provoquer hallucinations, désorientation et même la sensation d’une présence fantomatique. «Ce ne sont pas des préoccupations de science-fiction… c’est un risque sérieux pour la société», alerte en 1998 le neuroscientifique Jean-Pierre Changeux, président du comité national de bioéthique en France. Mais à l’époque, ces travaux restent confinés aux cercles militaires. Le grand public, lui, ignore tout de la bataille souterraine engagée pour le contrôle de l’esprit.
Dossiers brûlés et brebis galeuses
Les premières fissures dans le secret apparaissent à la fin des années 1970. En 1977, les auditions Church et Inouye au Congrès exposent partiellement l’ampleur des programmes MK-Ultra. Mais le directeur de la CIA Richard Helms a pris les devants: en 1973, il a fait détruire la plupart des archives compromettantes. Aucune poursuite pénale n’a lieu, et seules deux victimes – dont l’épouse d’un député canadien, Olga Orlikow – obtiennent des dédommagements symboliques en justice. Le rideau de fumée retombe bien vite sur ces opérations illégales menées en Amérique et en Europe à l’insu des populations.
Officiellement, MK-Ultra est démantelé. En réalité, la recherche se poursuit sous d’autres noms. Des témoignages émergent, trop tard pour être vérifiés. Ainsi, la survivante Cathy O’Brien affirme avoir été esclave sexuelle sous contrôle mental dans le cadre du projet Monarch, une émanation de MK-Ultra, impliquant des personnalités de haut rang dans les années 1980. Sa fille Kelly, née en 1980, aurait été le premier cobaye d’une expérimentation combinant hypnose, électrochocs et stimulation neuro-électronique intensive dès le berceau. À deux ans à peine, la petite Kelly parlait comme un adulte cultivé, maîtrisant un vocabulaire et des concepts bien au-dessus de son âge. En 1982, des officiels de la DARPA la présentent fièrement à la Maison-Blanche, obtenant dans la foulée des crédits fédéraux illimités pour approfondir les recherches sur le contrôle du cerveau. Cet épisode glaçant, relaté par Cathy O’Brien, suggère que les succès de MK-Ultra ont simplement été classifiés au lieu d’être abandonnés.
Il faut dire qu’à la même époque, des milliers de brevets militaires attestent du bond technologique accompli dans l’ombre. Entre 1975 et 1998, l’armée américaine dépose des inventions dignes d’un roman d’espionnage: induction du sommeil à distance par fréquences sonores, dispositif auditif par micro-ondes qui fait «entendre» des sons dans la tête (brevet), images subliminales pour influencer l’humeur (brevet), détection à distance de l’état émotionnel (1996), manipulation du système nerveux via les écrans vidéos (2003) … La liste est vertigineuse. Dès 1989, l’inventeur Patrick Flanagan met au point un Neurophone transformant sons et musique en impulsions électriques directement perceptibles par le cerveau, invention aussitôt classée Confidentiel Défense.
En 1996, la société Silent Sounds Inc. perfectionne l’hypnose silencieuse : ses ingénieurs savent analyser les ondes cérébrales d’une émotion (peur, joie, colère), les reproduire et les transmettre à distance pour implanter artificiellement cette émotion chez quelqu’un d’autre. Son président Edward Tilton admet dans une lettre que cette technologie a été utilisée avec succès pendant la guerre du Golfe en 1991 – «tout au long de l’opération Desert Storm», écrit-il, «avec l’autorisation du Département d’État». En d’autres termes, au moment même où l’opinion publique découvrait avec effroi les excès de MK-Ultra, l’armée disposait déjà d’armes psychotroniques opérationnelles.
La première guerre psychotronique
En janvier 1991, des centaines de milliers de soldats irakiens, retranchés dans le désert, font face aux troupes américaines. Une nuit, des avions alliés survolent les lignes de Saddam Hussein et diffusent un message déroutant sur des fréquences spéciales: «Moi, Mahomet, au nom d’Allah, je vous ordonne de déposer les armes». Le lendemain, les GI’s n’ont plus qu’à cueillir des bataillons entiers de combattants prostrés, les yeux dans le vide, qui se rendent sans opposer de résistance. Cet épisode, rapporté par plusieurs sources militaires, serait la première utilisation massive d’une arme psychotronique pendant un conflit ouvert. La technologie du Voice to Skull (V2K) – capable de transmettre de la parole directement dans le crâne d’une cible via des micro-ondes modulées – venait d’être inaugurée en grandeur nature.
Pendant ce temps, l’OTAN elle-même s’intéresse de très près à ces technologies. D’anciens militaires de l’Alliance atlantique révèlent que les plus hauts gradés pourraient être sélectionnés dès l’enfance pour leurs prédispositions au contrôle mental. Dans les orphelinats ou certaines familles de l’élite, de jeunes enfants auraient été soumis à des entraînements dissociatifs par trauma : abus répétés, privation affective, inductions hypnotiques… L’objectif ? Compartimenter leur cerveau en personnalités multiples hautement spécialisées. Une source rapporte ainsi le cas d’un colonel de l’OTAN porteur de plusieurs implants cérébraux. En passant sous un portique dans un laboratoire secret, une fréquence radio le transforme instantanément: tantôt éminent généticien, tantôt pilote d’engins expérimentaux, selon la modulation reçue. Un scanner de sa main, publié dans la revue Top Secret, révélera la présence de micro-puces RFID sous sa peau. L’officier confiera également sentir périodiquement un bourdonnement dans son crâne, comme si son cerveau était mis à jour à distance via satellite. Science-fiction ? Peut-être. Mais ces récits recoupent les affirmations de certains lanceurs d’alerte: selon eux, l’armée s’efforce depuis des décennies de créer des super-soldats cyborgs, contrôlés mentalement de la naissance à la tombe au service d’un ordre mondial caché.
Silence radio : les victimes muselées
Si ces révélations tardives font froid dans le dos, que dire du sort des victimes civiles de ces armes? Dès les années 1980, partout dans le monde, des personnes ordinaires commencent à dénoncer un mystérieux harcèlement électronique. Elles se disent ciblées par des ondes qui perturbent leur sommeil, induisent des voix dans leur tête, sabotent leurs appareils électriques ou altèrent leur humeur. Longtemps, on les a traitées de paranoïaques. Pourtant, nombre de leurs témoignages concordent avec les effets décrits dans les brevets militaires.
Eléanore White, une Canadienne, fut l’une des premières à fédérer ces Targeted Individuals («individus ciblés»). Dès 1975, elle documente l’existence du V2K – la voix dans le crâne – et alerte sur ces tortures invisibles. Elle-même affirme subir au quotidien des intrusions mentales insupportables jusqu’à sa mort, épuisée, il y a quelques années.
Les phénomènes rapportés défient l’entendement: pannes inexpliquées d’appareils électroniques qui se réparent d’elles-mêmes, objets projetés à distance à travers une pièce, interruptions intempestives du courant… Surtout, beaucoup décrivent un harcèlement 24h/24 visant à les priver de sommeil et à les pousser à bout psychologiquement. Des victimes racontent être réveillées toutes les nuits à la même heure précise, comme si un réveil forcé, téléguidé, se déclenchait en eux. D’autres subissent des bruits synchronisés exactement au moment où elles s’endorment.
Le jour, l’effet inverse se produit: des vagues de fatigue foudroyantes les terrassent sans raison, pouvant aller jusqu’à l’évanouissement. Plus troublant encore, des centaines de personnes à travers le monde rapportent entendre une voix artificielle commenter leurs pensées ou leur dicter des injonctions – un procédé techniquement réalisable via le micro-ondes pulsé depuis la fin des années 60. Pour ces cibles, le cauchemar est total: «une fois que le harcèlement commence, il se poursuit à vie, où qu’on aille», constate le mémorandum d’une association de victimes. Aucun refuge, même derrière les barreaux: en prison ou à l’hôpital, les sévices électroniques continueraient. Certains en meurent, d’autres sombrent dans la folie ou le suicide.
Face à ces témoignages, l’appareil d’État oppose le déni. Secret-Défense oblige, aucune enquête officielle d’ampleur n’a jamais été diligentée. Au contraire, ceux qui parlent trop fort sont systématiquement discrédités. Dans les années 1990, alors que la Toile émerge, des sites web d’entraide et d’alerte se multiplient – jusqu’à 14 000 sites listés en 1998, animés par d’éminents scientifiques et citoyens lanceurs d’alerte. La réaction est brutale: cyberattaques massives, élimination ciblée des têtes de proue. En France, la psychiatre Marguerite Jamet, qui dénonçait l’usage de ces technologies, est ainsi retrouvée morte en 1995 dans des conditions obscures.
Ailleurs, on interne d’office les plaignants pour les faire taire. Une note recense même plus de 300 plaintes pour harcèlement électromagnétique dans le seul État du Missouri (USA) – toutes classées sans suite. Internet lui-même est soigneusement nettoyé: les moteurs de recherche comme Google traquent et font disparaître les brevets sensibles ou les informations dérangeantes, officiellement pour éviter la prolifération de technologies dangereuses. En réalité, dénonce le mémorandum, «ceux qui utilisent ces armes secrètes s’efforcent constamment d’empêcher le public de savoir quoi que ce soit sur elles».
11 septembre 2001 : l’empreinte d’une arme silencieuse ?
Un événement historique aurait-il mis en lumière l’existence de ces armes de l’ombre? Pour la docteure Judy Wood, ancien professeur d’ingénierie mécanique, les attentats du 11-Septembre présentent des anomalies physiques que ni les avions ni les explosifs classiques ne sauraient expliquer. Après des années d’enquête sur l’effondrement mystérieux des tours jumelles à New York, cette scientifique parvient à une conclusion stupéfiante: «Aucun des faits, événements ou phénomènes observés ne peut s’expliquer par les crashs ou les incendies… Une comparaison des débris du 11-Septembre avec les effets bien connus de l’effet Hutchison montre qu’une technologie similaire a été employée pour détruire les tours».
L’effet Hutchison, du nom d’un inventeur canadien, désigne un phénomène électromagnétique expérimental capable de pulvériser le métal et le béton en consommant étonnamment peu d’énergie. Or, le 11 septembre 2001, les deux gratte-ciels de 110 étages ne se sont pas simplement effondrés – ils se sont littéralement volatilisés en une fine poussière grise, sans provoquer de secousse sismique notable. Des centaines de voitures autour de Manhattan furent retrouvées comme carbonisées de l’intérieur, alors même qu’elles étaient éloignées des incendies.
Ces bizarreries, soigneusement documentées par le Dr Wood, l’amènent à postuler l’usage d’une arme à énergie dirigée de très haute puissance le jour des attaques. Son ouvrage Where Did the Towers Go? recense des indices troublants passés sous silence par la commission officielle, et soulève une question vertigineuse: si une telle arme existait déjà en 2001, qui la détenait, et dans quel but l’a-t-on utilisée en plein cœur de New York? À ce jour, aucune autorité n’a daigné examiner sérieusement ces éléments, reléguant l’hypothèse au rang des théories du complot. Mais pour de nombreux chercheurs indépendants, les tours jumelles portent la signature d’un arsenal top-secret – peut-être spatial – dont l’humanité ne mesure pas encore l’ampleur.
Cibles diplomatiques : le mystère du syndrome de La Havane
L’affaire éclate en 2017 lorsqu’on apprend que des dizaines de diplomates américains et canadiens en poste à Cuba ont présenté de curieux symptômes neurologiques. Ils entendent des bruits stridents ou des bourdonnements inexpliqués dans leur résidence, puis souffrent de maux de tête, vertiges, troubles de la concentration, et même de lésions cérébrales objectivées. Rapidement surnommé «syndrome de La Havane», le phénomène fait l’objet d’âpres conjectures. Une des hypothèses avancées, étayée par certains experts, est l’usage d’une arme à micro-ondes dirigée contre le personnel des ambassades. Des chercheurs notent en effet que les symptômes correspondent assez bien à l’effet auditif des micro-ondes (découvert par le Dr Allan Frey dès 1973) et à des lésions dues à des ondes pulsées. Des rapports internes de la CIA évoquent la possible implication d’un service de renseignement étranger, la Russie étant pointée du doigt compte tenu de son passif historique dans ce domaine.
En effet, ce ne serait pas une première: durant les années 60-70, l’ambassade américaine à Moscou avait été irradiée de micro-ondes de façon soutenue, au point que l’affaire (dite Moscow Signal) provoqua un scandale lorsque Washington dut avouer à ses diplomates qu’ils avaient servi de cobayes involontaires. On ignore toujours ce qu’espéraient les Soviétiques: espionnage (activation d’appareils d’écoute) ou affaiblissement du personnel adverse? Quoi qu’il en soit, ce précédent donne du crédit à l’idée que des adversaires puissent recourir aux micro-ondes comme arme de harcèlement furtive.
Big Tech, IA : vers une société sous influence ?
En 2020, un document interne de l’OTAN intitulé «Cognitive Warfare» annonce clairement la couleur: «il est facile de faire de chaque citoyen une arme de propagande participative», y lit-on, puisque la majorité de la population ignore tout des technologies psychiques avancées. Le champ de bataille psychotronique s’étend désormais bien au-delà des opérations clandestines: il embrasse la société tout entière, portée par la révolution numérique. «Tous nos téléphones et ordinateurs sont branchés sur un réseau militaire», avertissent les auteurs du mémorandum. En effet, de la communication mobile 5G au Wi-Fi omniprésent, nous baignons en permanence dans un brouillard électromagnétique dont nul ne connaît vraiment les effets à long terme. Les fréquences de nos smartphones frôlent celles qui interagissent avec l’eau de notre corps, et pénètrent profondément nos cerveaux. Déjà, certains scientifiques pointent une augmentation des troubles neuro-endocriniens, des pertes de mémoire et de l’attention liée à cette surexposition invisible. Imagine-t-on alors le potentiel de détournement malveillant d’un tel réseau planétaire?
Les géants du numérique, en tout cas, ne sont pas étrangers à ces sombres perspectives. Google, par exemple, doit son existence à des financements de la DARPA (le bras technologique du Pentagone) et demeure en lien étroit avec les militaires. Officiellement, il s’agit de développer l’intelligence artificielle, la robotique ou l’Internet des objets. Officieusement, Google est aussi un formidable outil de manipulation psychotronique de masse. En connectant «30 milliards d’objets» autour du globe et en collectant des quantités astronomiques de données personnelles, l’entreprise a de quoi profiler les esprits et affiner les méthodes de suggestion.
Les algorithmes intelligents qu’elle a créés apprennent de nos comportements… jusqu’à peut-être pouvoir les influencer à notre insu, en nous bombardant de stimuli ciblés via nos écrans ou nos enceintes connectées. Comme le souligne le mémorandum, une intelligence artificielle suffisamment puissante, nourrie de mégadonnées, peut traiter la psyché humaine comme un objet modulable à souhait. En d’autres termes, nous ne sommes plus très loin de l’ingénierie sociale automatisée, où des machines programmées pour la persuasion cognitive s’adresseraient à chaque individu de manière personnalisée pour orienter ses opinions, ses achats, voire ses votes.
Ce scénario digne de 1984 n’est pas qu’une dystopie de série B. Il trouve un écho dans les textes mêmes des institutions internationales. En 1999 – bien avant l’essor des GAFAM – le Parlement européen adoptait une résolution appelant à bannir purement et simplement «toute arme permettant toute forme de manipulation des êtres humains». Las, aucun traité mondial n’a suivi, et cette résolution est restée lettre morte. L’ONU, de son côté, proscrit depuis longtemps les techniques de modification climatique ou comportementale à des fins hostiles, mais sans outils de vérification contraignants. Car comment prouver l’usage d’une arme psychotronique?
Si demain une puissance ou une coalition décidait de subjuguer silencieusement une population via les ondes, il n’y aurait sans doute aucune trace matérielle, aucun faisceau laser visible dans le ciel nocturne – rien qu’une subtile modification des humeurs collectives, une agressivité ou une apathie anormale se répandant dans les esprits comme un virus. «Quiconque contrôle cette technologie contrôle l’esprit des hommes», résume crûment le mémorandum. À l’aube de l’ère de la guerre cognitive, cette mise en garde sonne comme un avertissement à prendre au sérieux.
Armes de dispersion des foules par la douleur
Certes, la perspective de foules manipulées telles des automates heurtait encore l’imagination il y a quelques années. Pourtant, en parallèle aux armes cognitives, certains États ont modernisé les vieilles techniques de gaz lacrymogène ou de canon à eau avec des canons à douleur collective à distance. En 2005, l’armée israélienne inaugurait un puissant canon sonore émettant un son strident de 143 décibels pour disperser la foule, baptisé « The Scream » (Le Cri).
Lors d’une manifestation tendue en Cisjordanie, un véhicule militaire diffuse une série d’ondes sonores à très basse fréquence. Les témoins décrivent une scène quasi-surréaliste: la foule s’arrête net, plusieurs personnes tombent à genoux, prises de vertiges et de nausées, les mains sur les oreilles. Le son émis par The Scream provoque des vibrations dans l’oreille interne et les organes, perturbant l’équilibre au point de neutraliser les protestataires sans tir, ni gaz. L’efficacité de cette arme acoustique a été vantée comme «supérieure aux balles en caoutchouc et au gaz lacrymogène» par certains experts. Elle a depuis été employée à plusieurs reprises pour disperser des attroupements.
Lors d’une récente manifestation anticorruption massive à Belgrade, en Serbie, une vidéo a circulé montrant la foule réagir brusquement, certains participants se plaignant de douleurs aux oreilles. Cette situation a conduit à des spéculations sur l’utilisation possible d’armes à énergie dirigée, notamment des canons soniques, pour disperser les manifestants. Les leaders de l’opposition et certains manifestants ont accusé les forces de l’ordre d’avoir employé un canon à son, une arme émettant des sons stridents destinés à provoquer une gêne auditive et à disperser les foules. Ces dispositifs peuvent causer des douleurs, des nausées et des vertiges. Cependant, les autorités serbes ont démenti ces allégations, niant l’utilisation de telles armes lors de la manifestation. La Serbie doit cependant répondre à ces accusations face à la CEDH.
Des morts très très suspectes
Parmi les figures publiques dont les décès ont suscité des interrogations en lien avec les technologies psychotroniques, trois cas retiennent particulièrement l’attention. Jean-Luc Lagardère, industriel français influent à la tête de Matra et acteur majeur de l’aéronautique européenne, est mort en 2003 officiellement d’une encéphalite virale foudroyante contractée au Brésil. Dans son livre «Une mystérieuse encéphalite : L’autre mort de Jean-Luc Lagardère», le Dr. Yves Couvreur soulève de nombreuses zones d’ombre: apparition soudaine de troubles neurologiques, opposition à de puissants intérêts industriels liés à Airbus et Ariane, autopsie conduite dans l’opacité. Couvreur évoque la possibilité d’une atteinte neurobiologique artificielle.
Un autre cas troublant est celui du Dr Fred Bell, physicien américain et ancien collaborateur de la NASA, décédé brutalement en 2011 d’une crise cardiaque à la veille d’une interview dans l’émission «Conspiracy Theory» avec Jesse Ventura, au cours de laquelle il devait évoquer les armes à énergie dirigée. Il avait longuement travaillé sur les technologies électromagnétiques et dénonçait publiquement leur usage par des agences secrètes.
Quant à la Dr Rauni-Leena Luukanen-Kilde, médecin-chef finlandaise et spécialiste reconnue du contrôle mental, elle affirmait être elle-même ciblée par des attaques à micro-ondes et dénonçait depuis des années les expérimentations sur les populations civiles. Décédée en 2015 d’un cancer foudroyant, elle voyait dans sa maladie une conséquence directe de ces agressions technologiques. Ces trois personnalités, toutes impliquées de près ou de loin dans la divulgation ou la gestion de questions sensibles liées aux technologies psychiques, ont connu une fin brutale précédée de symptômes atypiques, souvent dans un contexte de prise de parole publique, ce qui alimente depuis des années des soupçons persistants quant à l’existence d’un arsenal silencieux et meurtrier destiné à faire taire.
À chaque problème, sa solution
Que faire, alors, face à une menace aussi diffuse qu’inédite ? D’abord, briser l’omerta. Les auteurs du Mémorandum sur les armes psychotroniques appellent les citoyens et les pouvoirs publics à ouvrir les yeux sur ces technologies de l’ombre et à exiger toute la transparence nécessaire. Reconnaître l’existence de ces armes permet de mettre en place des mesures pour se protéger. Des traités internationaux existent – il est temps de les appliquer enfin. Faute de quoi, la tentation sera grande, pour les États comme pour des acteurs privés, d’user de ces moyens pour asseoir un contrôle invisible sur les populations.
La frontière entre la sécurité nationale et la dérive totalitaire tient parfois à un fil. En 2021, l’OTAN a officiellement intégré la dimension cognitive dans son périmètre stratégique, au même titre que les fronts terrestre, naval, aérien, spatial et cyber. Preuve que le cerveau humain est désormais considéré comme un champ de bataille.
Face à cette réalité, l’enjeu est ni plus ni moins existentiel. Il en va de la préservation de notre libre arbitre, de notre intimité mentale et, au fond, de ce qui fait de nous des êtres humains. La guerre psychotronique est peut-être déjà là, tapie dans nos poches sous la forme d’un smartphone inoffensif ou dans le rayonnement anodin d’une antenne-relais. Longtemps, elle est restée silencieuse. Mais plus nous tardons à l’affronter au grand jour, plus le risque grandit de voir s’éteindre, sans même qu’on s’en aperçoive, la flamme de la conscience libre.
Renforcer son bouclier intérieur
Face aux menaces invisibles que constituent les armes psychotroniques, certains maîtres spirituels et sages de diverses traditions offrent une voie de résistance intérieure fondée sur la force de l’esprit. Le moine vietnamien Thích Nhất Hạnh enseignait que «personne ne peut vous atteindre si vous êtes maître de votre souffle» – une invitation à ancrer sa conscience dans la pleine présence. La méditation, la prière, le chant sacré ou encore la visualisation de lumière protectrice sont autant de boucliers spirituels mentionnés par des enseignants comme Omraam Mikhaël Aïvanhov, qui affirmait: «Les pensées lumineuses sont des armures que rien ne peut traverser.» Dans le soufisme, il est dit que «celui qui se souvient de Dieu avec sincérité est enveloppé d’une lumière que ni les ténèbres, ni la haine ne peuvent pénétrer». Ces techniques ne relèvent pas de la superstition, mais d’un entraînement subtil à fortifier le champ mental et émotionnel, rendant l’être humain moins vulnérable aux influences extérieures.
Dans un monde de plus en plus traversé par les ondes, les impulsions invisibles et les logiques de contrôle, l’enjeu n’est pas seulement technologique ou politique: il est profondément spirituel. Ce que ces recherches révèlent, au-delà de l’horreur, c’est la puissance immense du mental humain – une force que d’aucuns tentent de capter ou de soumettre, mais que d’autres s’emploient à élever et à libérer.
Les armes de la conscience, comme la lucidité, la méditation, la pensée claire, la foi ou la vigilance du cœur, restent aujourd’hui les défenses les plus accessibles, les plus profondes et les plus difficiles à percer. Ainsi que le disait Sri Aurobindo: «Aucun pouvoir extérieur ne peut asservir l’âme d’un homme qui est intérieurement libre.»
Nous savons aussi que nous sommes les créateurs de notre réalité, individuelle et collective. En mettant notre attention sur ce qui nous élève, en visualisant ce qui nous fait vibrer et nous met en joie, nous pouvons aussi nous rendre invisible pour ces technologies, même si elles sont invisibles pour nous. La guerre silencieuse ne prendra fin que lorsque chacun aura réaffirmé son intégrité intérieure. Et dans cette reconquête de l’être, chaque esprit éveillé devient un bastion de liberté.