La saga Epstein: Trump est-il aussi impliqué?

Le président justicier est-il aussi innocent que certains aiment le croire?
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Depuis la divulgation par le département de la justice américain de 3 milions de documents de l’affaire Epstein, le président américain et ses supporters déclarent que ‘les dossiers l’innocentent’. Du fond de sa prison, Ghislaine Maxwell saisit l’occasion et déclare qu’elle veut bien « tout dire » pour autant que Trump lui accorde une grâce présidentielle. On imagine facilement qu’elle est prête à l’innocenter. Elle l’avait déjà fait lorsque l’avocat général des Etats-Unis Todd Blanche était venu dans sa cellule pour prendre sa déposition personnelle.

Ce nouveau vaudeville dépasse l’entendement. 3 autres millions de documents n’ont pas été rendus publics et de très nombreuses informations ont été caviardées, en particulier la liste de noms des personnes avec qui Epstein correspondait, possibles complices, contrairement à ceux des victimes que l’on a oublié d’effacer. Aussi ahurissant que cela puisse paraître, de nombreux médias et chroniqueurs « indépendants » s’évertuent à remercier le président Trump pour tant de bravoure, alors qu’il a ouvertement tout fait pour étouffer l’affaire.

Cette politique schizophrène, où l’on promet sans cesse une chose pour ensuite se rétracter et où on s’arrange pour obtenir le contraire du but annoncé, amène le public à s’extraire de l’observation d’un réel qu’il ne peut comprendre, pour ensuite adopter les éléments de récit qui alimenteront un personnage fantasmé, « bon » ou « mauvais », selon les orientations personnelles. Ce faisant, il perd son jugement critique et devient manipulable à souhait. Le procédé tient manifestement d’une forme de guerre psychologique. Essentiel News a consacré de nombreux articles à « ces stratégies de gouvernance ».

Mais pour tous ceux qui se laissent quand même tenter par l’idée que Trump serait une sorte de justicier en train d’exposer ce qu’on appelle l’État profond (accomplissant même une mission divine), il est intéressant de se pencher sur son passé, sa relation avec Jeffrey Epstein et leurs liens avec les réseaux d’influence, mafias et services secrets.

La question de l’implication de Trump dans le réseau pédocriminel d’Epstein est essentielle. En premier lieu, parce qu’il s’agit du président des États-Unis, qu’il est indispensable d’aller au fond des choses pour éviter qu’elles ne perdurent et qu’on ne peut pas ignorer les crimes des uns sous prétexte qu’ils dénoncent les autres.

Il convient de sans cesse garder à l’esprit qu’on se trouve face à ‘la réalité’ qu’une gouvernance dépravée a choisi de montrer d’elle-même. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre connaissance des informations qui complètent les données officielles et de chercher à comprendre la manière dont ces révélations sont orchestrées, avant de s’interroger sur les objectifs réels de cette divulgation.

On doit donc aussi envisager l’hypothèse selon laquelle Donald Trump et son équipe ont été désignés et soutenus par l’État profond qu’ils prétendent combattre pour prendre le contrôle du dossier Epstein. Ce faisant, ils en orchestrent toute la divulgation, opérant une sélection parmi les informations à cacher ou à montrer, de manière à récupérer les différentes parties de l’opinon publique et à continuer de la canaliser au service de la gouvernance mondiale occulte.

Pour étayer cet argument, il faudra approfondir plusieurs questions: Trump a-t-il lui aussi été accusé d’avoir commis des abus sexuels ou de les avoir facilités? Quelles étaient les relations entre Trump et Epstein et pourquoi ont-elles pris fin? Quels rôles jouent les membres de son équipe dans « la révélation » des dossiers Epstein? Et enfin, quels pourraient être les objectifs secondaires de toute l’opération?

Chacune de ces interrogations fera l’objet d’un article.

Trump est-il un abuseur sexuel?

Depuis les années 1970, au moins 28 femmes ont accusé Donald Trump d’inconduite sexuelle, pour des actes incluant le viol et des attouchements non consentis. Le personnage est connu pour insulter et rabaisser les femmes, y compris dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il tient des propos obscènes, dénigre leur apparence physique et utilise fréquemment des insultes.

Trump a injurié plusieurs femmes en public, qualifiant certaines de « grosses », « moches », utilisant parfois des répliques aussi grossières que « Silence, la truie », « Face de jument » et bien d’autres humiliations dont la presse people se régale.

En 2016, cherchant à faire sensation, il s’était montré particulièrement salace lors d’un entretien avec le journaliste Billy Bush:

Je peux attraper les femmes par la chatte. Je n’attends même pas. Quand vous êtes une star, elles vous laissent faire. Vous pouvez tout faire.

Plusieurs femmes ont accusé Trump de comportement inapproprié lors d’événements impliquant Epstein.

En 1992, Jill Harth a affirmé que Trump s’était effectivement comporté de la sorte lors d’un événement à Mar-a-Lago baptisé « calendar girl » où Trump et Epstein avaient attiré une cinquantaine de femmes avec de fausses promesses professionnelles, juste pour leur amusement personnel.

Le mannequin Stacey Williams, qui a eu une relation de 5 mois avec Epstein, a déclaré que c’est Epstein qui l’avait présentée à Trump en 1993 et que Trump l’avait agressée sexuellement sous les yeux d’Epstein. Apparemment, il s’agissait d’une sorte de jeu entre les deux. Williams, qui affirme ne pas avoir été au courant des abus commis révélés par la suite, a mis fin à sa relation avec Epstein peu de temps après l’incident.

Dans le procès intenté par Karen McDougal, une ancienne Playmate de Playboy, et Stormy Daniels devenue actrice de films porno, Trump a été jugé coupable de 34 chefs d’accusation, dont le versement de pots-de-vin pendant deux ans pour ne pas nuire à sa campagne électorale en 2015 ou à sa présidence, après sa prise de fonction. L’avocat qui le défendait était Todd Blanche, aujourd’hui n°2 du ministère de la justice, celui qui est allé recueillir la déposition de Ghislaine Maxwell dans laquelle elle a blanchi Trump, « un gentleman sous tous les aspects ».

Illustration de Newsweek pour un article sur l’affaire Stormy Daniels, qui menaçait de porter ombrage au président.

Officiellement, ce procès qui s’est achevé en mai 2024, a porté sur des rencontres entre adultes, mais il est fort possible que Stormy Daniels ait fait chanter Trump avec du matériel vidéo sur lequel elle était encore mineure.

Les mineures

Sans doute la plus connue parmi les victimes d’Epstein, Virginia Giuffre répétait « qu’à sa connaissance, Donald Trump n’était pas impliqué dans le réseau de trafic d’êtres humains d’Epstein ». Dans ses efforts pour faire sortir le dossier et obtenir justice, elle a activement soutenu Donald Trump tout au long de sa campagne… jusqu’à ce qu’il revienne sur ses promesses en février 2025, lorsqu’il a tenté de clore le dossier. Giuffre est décédée en avril dernier, un suicide qui n’a pas convaincu grand monde.

Y avait-il un « deal » entre Virginia et d’autres victimes pour ne pas incriminer le président s’il faisait sortir le reste du dossier? On peut l’envisager…

Mais Virginia était loin d’être la seule et d’autres victimes ont accusé Trump. En avril 2016, une femme utilisant le pseudonyme « Katie Johnson » a intenté une action en justice en Californie en accusant Donald Trump et Jeffrey Epstein de l’avoir violée alors qu’elle avait 13 ans, lors de soirées organisées dans la résidence d’Epstein à Manhattan, en 1994.

Ses accusations sont corroborées par celles de « Tiffany Doe », qui travaillait pour Epstein et était chargée de recruter des filles et de les « gérer » pendant les soirées. Elle déclare avoir vu « Katie » être violée à de nombreuses reprises, dont 4 fois par Trump et 2 fois par Epstein. Elle dit aussi avoir été menacée de mort, elle et sa famille, au cas où elle parlerait.

Le 4 novembre 2016, deux jours avant les élections, Johnson a abandonné les poursuites judiciaires invoquant de violentes menaces et le piratage des dossiers et des courriels de son avocate.

Il existe une interview à visage masqué d’une femme qui raconte comment elle avait été recrutée à 13 ans par Epstein sous le prétexte de devenir mannequin et comment elle avait été  abusée par Donald Trump lors de la première soirée où elle s’était rendue chez Epstein. S’agit-il de Johnson ou d’une autre victime?

« Donald Trump savait que j’avais 13 ans. Ce soir là, on m’avait mis une perruque blonde et Trump avait demandé que ce soit moi qu’on lui envoie parce que « je lui rappelais sa fille Ivanka qui avait aussi 13 ans ».

Le cas Sasha Riley

Sasha Riley Barros, un militaire qui a servi plus de 20 ans dans l’armée américaine, affirme avoir été adopté légalement à l’âge de 5 ans par un pilote d’Epstein, William Kyle Riley, à des fins d’exploitation sexuelle. Il raconte avoir été soumis à des sévices extrêmement violents, similaires à ce qui est décrit par les « survivantes » d’abus rituels.

Sasha prétend qu’entre 9 et 13 ans, il été violenté à de multiples reprises dans le cadre d’un réseau pédocriminel, dans des lieux connus comme ‘la ferme’ ou des espaces résérvés aux militaires. Parmi les politiciens qu’il accuse se trouvent Jim Jordan (promoteur du rapport américain sur la censure des réseaux sociaux, déjà mis en cause dans des affaires de protection de la pédophilie), Andy Biggs et Donald Trump.

Sasha Riley a décrit Trump comme « l’être humain le plus répugnant que j’ai jamais rencontré ». Il a relaté certaines scènes extrêmement cruelles durant lesquelles Trump l’a violé et prétend même l’avoir blessé en retour par vengeance. D’après lui, Donald Trump en porterait encore les séquelles.

Riley décrit aussi les meurtres de 3 filles qui étaient également victimes de ces hommes. L’intégralité de son entretien de 4 heures avec Lisa Noelle Voldeng a été retranscite et traduite en français dans un document de 60 pages.

Les accusations de Sasha font évidemment l’objet de violentes controverses et il ne semble pas y avoir de preuves formelles contre Donald Trump. Mais, ses témoignages sont longs et accompagnés de beaucoup de détails, et de documents comme des rapports de police. Une journaliste amateur a tenté de vérifier les éléments de son récit en lançant ses propres recherches et a pu confirmer ses dires en de nombreux points. Sasha aurait aussi été identifié par des collègues de l’armée à la base de Carson sur un nombre de vidéos pornographiques qui circulent encore aujourd’hui.

Sasha Barros Riley avec son père adoptif, ancien pilote au service d’Epstein

Il est difficile de s’y retrouver parmi ce flot d’accusations, dont la gravité et la solidité varie. D’autant plus lorsque l’accusé est un président en fonction. Mais il s’agit au minimum d’un faisceau d’indices qui pointe dans une mauvaise direction et qui ne correspond pas à l’image de quelqu’un qu’on tente d’innocenter.

Face à l’idée que « Trump était au courant », mais qu’il a voulu mettre fin à tout cela, « mu par une sorte de dégoût ou de repentir », il vaut la peine de poursuivre l’exploration du personnage en se penchant sur sa propre famille.

La famille Trump

L’exploitation des filles

Détail intéressant, avant de se plonger dans cet épineux sujet: Friedrich, le grand-père de Donald Trump, était un jeune Allemand qui avait fait fortune avec un hotel de passe, où on négociait de l’or et des filles, lors de la ruée vers l’or en Alaska. Une brève expérience à Seattle lui avait permis de se faire la main avec une première entreprise, décrite par le journal alaskan « Up Here » comme « un restaurant ouvert tard le soir, dans un quartier malfamé de la ville, et (il) a appris à se frayer un chemin dans un labyrinthe de saloons, de fumeries d’opium, de prêteurs sur gages, d’usuriers, de prostituées et de maisons de passe ».

Fred Junior, fils de Friedrich et père de Donald, a poursuivi les activités de l’entreprise familiale dans le domaine de la construction et du logement de masse, notamment pour l’armée, grâce à d’importants subsides de l’État. Mais Donald semble être revenu à un modèle commercial plus proche de celui de son grand-père, avec l’investissement dans les casinos (lieux de concentration de toutes ces activités ‘limites’), les hotels de luxe ou des bâtiments « équipés pour le chantage » comme le Plaza à New York où opérait le FBI, et le bateau du fameux trafiquant d’armes Adnan Kashoggi.

Selon la journaliste Whitney Webb, qui a publié un opus de 1000 pages à partir de l’affaire Epstein intitulé « One nation under blackmail », Donald Trump a été parrainé dans ses affaires par Roy Cohn, un homme de main de la mafia new yorkaise. Cohn opérait des opérations de chantage sexuel à partir du Plaza Hotel, où il organisait des soirées pour des hommes importants avec des filles et de la drogue, souvent pour le compte des services de la CIA et du FBI. Car Roy Cohn était aussi le conseiller principal de MacCarthy et de l’ancien directeur du FBI Edgar Hoover.

Un officier de la police de New York nommé Rothstein, qui avait été chargé d’enquêter sur les activités de Cohn au Plaza, l’avait résumé en ces termes: « Imaginons qu’un amiral, un général ou un membre du Congrès refuse de se plier au programme. Le travail de Cohn consistait à les piéger, afin qu’ils finissent par se plier à la règle. C’est Cohn lui-même qui me l’a dit ».

Le sénateur McCarthy étouffe le micro dans un échange confidentiel avec Roy Cohn

Trump a racheté le Plaza Hotel en 1988, deux ans après la mort de Cohn et a « repris les affaires ».

Pour alimenter les soirées, les évènements et remplir les hôtels et les casinos avec des filles ‘appétissantes’, il avait aussi lancé sa propre agence de mannequins: la Trump Model Management, une agence qu’il avait ouverte en 1999 et fermée en 2017, peu après sa première entrée en fonction à la Maison blanche.

Aussi connue comme T-Models, l’agence a fait l’objet de sérieuses critiques concernant ses pratiques commerciales. D’anciennes mannequins ont affirmé avoir été amenées aux États-Unis avec des visas touristiques non valables pour travailler, avoir reçu pour instruction de mentir aux douaniers et avoir été très peu rémunérées après déduction de frais excessifs.

La Jamaïcaine Alexia Palmer leur a intenté un procès en 2014, affirmant qu’elle avait gagné moins de 4 000 dollars en deux ans alors que l’agence tirait profit de son travail, des allégations que le procès a associées aux violations en matière de salaire et de visa. Bien que certaines plaintes aient été rejetées en raison d’un manque de preuves, de nombreux témoignages ont décrit des conditions de vie médiocres, les mannequins étant logées dans des appartements exigus remplis de lits superposés à New York.

En somme, il s’agissait de pratiques comparables à celles de l’agence Elite, dirigée par John Casasblancas aux États-Unis, Gérald Marie et Jean-Luc Brunel en France.

Ivana, la copine de Maxwell

Trump a été marié à sa 1ère épouse Ivana de 1977 à 1990. Mannequin originaire des pays de l’Est, elle s’était ensuite mise au service de son mari, le secondant dans ses activités, dont la gestion du Hyatt et du Plaza à New York et les projets de casino à Atlantic City.

Elle entretenait des liens étroits avec Ghislaine Maxwell, selon les dires de Maria Farmer dans un entretien avec la journaliste Whitney Webb. Maria Farmer qui est la première victime à avoir dénoncé Jeffrey Epstein auprès du FBI – une plainte classée sans suite – raconte avoir été détenue pendant tout un été dans la villa de Leslie Wexner, le mentor d’Epstein, en Ohio. Lors de ce séjour forcé, Ghislaine Maxwell l’emmenait chaque jour en voiture pour attirer de jeunes proies pour Epstein.

Elle affirme qu’Ivana Trump les accompagnait très souvent dans ces expéditions de rabattage. Les deux femmes avaient une affinité particulière du fait de leurs origines tchèques (Robert Maxwell était tchèque et Ivana y était née sous le régime communiste). Et cette amitié était connue jusque dans les cercles londoniens où on les voyait fréquemment ensemble.

Autre information digne d’être mentionnée: durant les auditions de leur divorce, Ivana a accusé Donald Trump de violences physiques et verbales et de l’avoir forcée à des rapports sexuels non consentis. Trump a répondu par le silence, près d’une centaine de fois sur la durée du procès. Ivana finira par se rétracter, tout en ramassant une coquette somme en guise de compensation.

Ivanka, poussée dans les bras des pédophiles

Donald et Ivana ont deux enfants, Eric et Ivanka. Très vite, ils poussent la jeune Ivanka à entreprendre une carrière de mannequin avec l’agence Elite Model Management. À l’époque, l’agence était déjà sous le feu des accusations pour fourniture de drogue, alcool et exploitation sexuelle de mineures. Malgré ces accusations, Donald Trump signe un contrat pour lancer la carrière de sa fille Ivanka, alors agée de 14 ans, et autorise le directeur de l’agence John Casablancas, accusé de pédophilie, à devenir son manager personnel.

La jeune Ivanka Trump, « mannequin » de l’agence Elite, coachée par John Casablancas, Gérald Marie et Jean-Luc Brunel

Trump, Casasblancas et Epstein étaient proches. Trump organisait des concours de beauté dans ses hôtels et casinos: par exemple le « Look of the Year » avec l’agence Elite ou des journées « Calendar girls ». De 1996 à 2015, Trump était aussi propriétaire des franchises pour les concours Miss USA et Miss USA Teens (ados). De nombreuses filles ont rapporté qu’il profitait de ces occasions pour « inspecter personnellement les filles » pendant qu’elles se changeaient dans les vestiaires.

Dans une émission radio datant de 2005, il s’était même vanté de ce « privilège » sur l’antenne: « je peux le faire parce que je suis le propriétaire du concours ». Lors de la même émission, il avait aussi déclaré qu’on peut dire que sa fille Ivanka a un fameux cul (« It’s ok to call my daughter a piece of ass »).

Trump a parlé de manière assez choquante de sa fille Ivanka à plusieurs reprises:

Elle est superbe, grande, très sexy, si ce n’était pas ma fille je sortirais avec elle! »

Ou encore: « Ce que j’ai en commun avec elle? Le sexe! »

Plusieurs photos montrant Ivanka assise sur les genoux de son père ou l’enlaçant créent le malaise. Mais Ivanka Trump ne s’est jamais exprimée sur sa relation avec son père durant sa jeunesse.

Melania

Selon la version officielle, Trump rencontre Melania lors d’une soirée dans une discothèque, alors qu’elle séjourne à New York pour des activités de mannequinat.

Mais, dans un livre publié cet été intitulé « The rise and fall of the House of York » (l’ascension et la chute de la maison d’York), le journaliste Andrew Lownie affirme que Melania Trump aurait été une des filles recrutées par Epstein et qu’elle aurait entretenu des relations sexuelles avec celui-ci un an avant sa rencontre avec Donald Trump.

Suite à la parution de l’ouvrage, l’éditeur a été poursuivi en justice par Melania et on l’a forcé à retirer le passage en question.

Le journaliste Michael Wolff a confirmé les informations de Lownie: Epstein disait que c’était lui-même qui avait présenté Melania à Trump, les deux ayant eu l’honneur de « s’envoyer en l’air » ensemble pour la première fois dans son jet privé. Melania a également entrepris des poursuites contre Wolff.

Les « documents compromettants », un piège?

Michael Wolff s’intéresse depuis longtemps à la relation entre Epstein et Trump. Il a consacré 4 livres à Donald Trump et affirme posséder plus d’une centaine d’heures d’enregistrements audios d’Epstein. Ce dernier l’aurait sollicité pour écrire une biographie favorable qui lui aurait permis de revenir sur la scène sociale de la jet set, mais Wolff aurait refusé. Wolff a eu l’occasion de rencontrer de nombreuses personnalités dans la demeure d’Epstein à Manhattan.

Il anime actuellement une émission régulière sur « the Daily Beast » intitulée « Inside Trump’s Head » où il dit tout le mal qu’il pense de Donald Trump.

Pour Wolff, il ne fait aucun doute sur le fait qu’Epstein et Trump ont été « meilleurs amis durant 15 ans »… avant de se disputer et de se détester.

Jeffrey Epstein lui aurait confié conserver de nombreuses photos dans un coffre-fort, qui a par la suite été saisi par le FBI lors de perquisitions menées à son domicile en juillet 2019. Il lui aurait même montré une demi-douzaine de photos de Trump assis au bord de sa piscine à Palm Beach, entouré de jeunes filles aux seins nus.

Sur certaines photos, elles sont assises sur ses genoux. Il y a une photo dont je me souviens particulièrement où il y a une tache révélatrice sur le devant du pantalon de Trump, et les filles la pointent du doigt en riant ».

De par sa relation personnelle avec Epstein, Michael Wolff a un rôle à part, dont il faut se méfier… Il n’est pas exclu qu’il agisse en tant que « Gatekeeper » (gardien du seuil), dans un rôle où tout en distillant quotidiennement du venin sur Trump et en prétendant avoir été le confident d’Epstein, il soit en réalité chargé de minimiser les accusations les plus graves contre Trump.

Révélations des nouveaux dossiers

Une autre tromperie pourrait se cacher dans les fichiers divulgués par le département de la justice. Parmi les 3 millions de fichiers publiés figure notamment un rapport de la Task Force sur l’exploitation des mineurs et le trafic d’être humains du FBI, qui décrit plusieurs évènements atroces impliquant des personnalités de premier plan.

Trump, sa famille et Elon Musk y sont accusés d’avoir organisé des séances de vente aux enchères à sa villa de Mar-a-Lago avec des enfants qui auraient été amenés par Epstein. Selon les propos du témoin, Trump se livrait même à des « mesures » du sexe des petites filles mises en vente en introduisant ses doigts dans leur vagin.

Les médias mainstream ont en fait les gros titres. International Business Times annonce « Trump doit faire face à d’horribles accusations des fichiers Epstein. Il mesurait les parties génitales des enfants lors de rencontres avec des milliardaires ».

La manière dont les informations sont présentées ne permet pas la moindre conclusion: on manque de détails, certaines parties sont caviardées, on ignore s’il s’agit d’une synthèse d’un document plus complet, s’il y a des enregistrements ou des éléments d’enquête. Par contre, on peut noter en fin de document la mention: « voici la liste des accusateurs contre Epstein que j’ai envoyée à Whitney Webb. »

Ceci ne signifie pas que le document soit faux. Mais si on a choisi de présenter ce document-là, hors contexte, sans plus d’explications, c’est probablement pour pouvoir se livrer par la suite à un grand exercice de « debunking » (démentir), tout en jetant le doute sur des journalistes rigoureux.

Ces derniers exemples révèlent à quel point il sera nécessaire de se pencher tant sur ‘l’exercice de déballage’ que sur son contenu. Un thème qui sera poursuivi dans un prochain article qui sera consacré à la relation entre Trump et Jeffrey Epstein.

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