En Allemagne et en France, la persécution des médecins dissidents se poursuit

Suspendus, interdits d’exercer, voire emprisonnés pour ne pas avoir obéi à la doxa du Covid.
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Six ans après le début de la crise Covid, des médecins réfractaires subissent toujours des sanctions de la part de leur ordre ou sont poursuivis au pénal pour avoir enfreint la loi. Leur faute: être restés fidèles à leur conscience professionnelle et avoir mis la santé de leurs patients au cœur de leurs priorités plutôt que de suivre aveuglément les directives gouvernementales. En Allemagne notamment, un millier de praticiens et une dizaine de milliers de patients seraient poursuivis ou inquiétés.

À écouter les témoignages de certains médecins allemands, une véritable chasse aux sorcières serait en cours chez nos voisins d’Outre-Rhin. À tel point que le ministre de la Santé états-unien, Robert F. Kennedy Jr, qui dit avoir reçu des «rapports» sur ce qu’il se passe en Allemagne, s’est senti obligé de réagir en envoyant une lettre, le 10 janvier dernier, à la ministre fédérale de la Santé allemande, Nina Warken. Et pour que la situation soit bien connue de tous, Kennedy a doublé son envoi par la diffusion d’une vidéo publique sur son compte X.

La démocratie en danger

«J’ai appris que plus d’un millier de médecins allemands et des milliers de leurs patients sont actuellement poursuivis et punis pour avoir accordé des exemptions au port de masques ou à la vaccination contre le Covid-19 pendant la pandémie. Lorsqu’un gouvernement criminalise les médecins qui conseillent leurs patients, il franchit une ligne que les sociétés libres ont toujours considérée comme sacrée», a affirmé le secrétaire à la Santé des États-Unis, ajoutant que «le gouvernement allemand viole ainsi la relation sacrée entre le patient et son médecin, en la remplaçant par un système dangereux qui fait des médecins des exécutants des politiques de l’État».

«Aucune démocratie fondée sur la confiance et la transparence ne devrait aller dans cette direction. Les patients doivent toujours avoir la liberté de prendre des décisions médicales personnelles sans contrainte ni pression politique», a souligné RFK Jr. Quant aux médecins poursuivis, «beaucoup ont pris des risques personnels et professionnels parce qu’ils estimaient que leur devoir envers leurs patients l’exigeait. Ils ont respecté leur serment d’Hippocrate à un moment où les institutions gouvernementales exigeaient une stricte conformité aux diktats de l’État.»

Estimant que ce type d’action fait partie de celles qui «érodent» durablement «la confiance du public» dans les «institutions médicales» et les «systèmes juridiques censés protéger les gens», Kennedy a rappelé qu’un «gouvernement confiant écoute ses citoyens» et qu’une «société libre protège le droit de penser, le droit de remettre en question et le droit de choisir». Dans sa lettre, il a donc exhorté son homologue allemande à mettre un terme à ces poursuites.

Seuls les cas de fraude et de falsification de documents sont poursuivis

Dès le lendemain, Nina Warken a catégoriquement rejeté les allégations de Robert Kennedy Jr, les déclarant «infondées» et «factuellement incorrectes». «Pendant la pandémie de coronavirus, il n’y a jamais eu d’obligation pour la profession médicale de procéder à des vaccinations contre le Covid-19. Ceux qui ne voulaient pas administrer de vaccin pour des raisons médicales, éthiques ou personnelles ne se sont pas rendus punissables et n’ont pas eu à craindre de sanctions. Des poursuites pénales ont eu lieu exclusivement dans les cas de fraude et de falsification de documents, par exemple la délivrance de faux passeports vaccinaux ou de faux certificats d’exemption du port de masque.» Elle a également précisé qu’en Allemagne, «la liberté de thérapie médicale est protégée par la Constitution et s’applique en principe». De même, «les médecins décident de manière indépendante du traitement des patients».

Pourtant, plusieurs médecins allemands se plaignent d’être persécutés dans leur pays, en raison des positions qu’ils ont prises durant le Covid. Les témoignages de deux d’entre eux, Ronald Weikl et Monika Jiang, ont été recueillis par nos confrères de BAM! lors des Rencontres internationales citoyennes organisées à Vierzon les 31 janvier et 1er février 2026. Tous deux citent les mêmes chiffres que Robert Kennedy Jr et parlent d’un millier de médecins et d’une dizaine de milliers de patients persécutés.

Le cas exemplaire du Dr Bianca Witzschel

Le Dr Monika Jiang a par ailleurs co-signé, avec Me Katja Wörmer (l’une des avocates de Reiner Fuellmich) et la journaliste indépendante Kerstin Heusinger, un communiqué de presse en français pour faire connaître le cas du Dr Bianca Witzschel au-delà des frontières allemandes. Médecin généraliste de 66 ans exerçant à Moritzburg, le Dr Witzschel est accusée d’avoir délivré 1003 faux certificats médicaux, «il s’agit plus précisément de certificats d’exemption du port du masque, de certificats d’inaptitude à la vaccination, ainsi que de certificats autorisant la réalisation de tests salivaires au lieu de prélèvements nasopharyngés dans le cadre des tests Covid», soulignent les auteures du communiqué. Il est reproché au Dr Witzschel de les avoir délivrés sans avoir examiné ses patients au préalable, ce que celle-ci dément.

Au cours de l’enquête, Bianca Witzschel aurait subi pas moins de cinq perquisitions à son domicile et à son cabinet, avant d’être placée en détention provisoire le 28 février 2023. La praticienne est restée incarcérée pendant 476 jours jusqu’à la fin de son procès, qui s’est étalé sur une durée anormalement longue de sept mois et a totalisé 27 jours d’audience! Au final, Bianca Witzschel a été condamnée le 17 juin 2024 par la 15e grande chambre pénale du tribunal régional de Dresde à une peine de deux ans et huit mois d’emprisonnement, ce qui lui fait 498 jours supplémentaires à purger. Sa peine comprend également une amende de 47 000 € et une interdiction d’exercer la médecine pendant trois ans. De plus, tout son matériel informatique et médical a été saisi et ne lui a pas été restitué, ses comptes bancaires et son assurance maladie ont été résiliés, et sa maison a été vendue aux enchères judiciaires à un prix inférieur à la moitié de sa valeur réelle. Ses conditions de détention auraient par ailleurs été dignes de celles d’un grand criminel ou d’un terroriste.

Le Dr Bianca Witzschel

Libérée sous conditions suite à son jugement en juin 2024, la médecin de Moritzburg a fait appel, mais la Cour fédérale de justice a confirmé le premier jugement en septembre 2025. Le Dr Witzschel a été convoquée courant janvier 2026 pour l’exécution de sa peine, soit quelques jours après le courrier et la vidéo de Robert Kennedy Jr, ce que ses soutiens considèrent comme une provocation de la part des autorités allemandes.

Les patients ayant bénéficié des certificats du Dr Witzschel ont également été contactés par le ministère public dans le cadre de l’enquête pour remplir des formulaires d’audience. Selon un cabinet d’avocat, s’ils avouent qu’ils ont reçu un certificat de convenance, ils pourraient être poursuivis pour «incitation à délivrer des certificats sanitaires incorrects» et être punissables d’une amende élevée, voire d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à deux ans. D’autres sources indiquent que les autorités auraient promis aux patients la cessation de toute procédure contre eux s’ils passaient aux aveux. Ce que certains avocats dénoncent comme étant un piège.

En France, le cas similaire du Dr Michel Procureur

Le cas de Bianca Witzschel ne serait pas isolé en Allemagne. D’après les propos du Dr Monika Jiang rapportés par BAM!, un autre médecin serait déjà sous les verrous et d’autres poursuites seraient en cours.

Ceci n’est pas sans rappeler la situation du médecin français Michel Procureur, chirurgien ORL à Fontenay-le-Comte en Vendée, qui a refusé de se conformer à l’obligation vaccinale pour le personnel soignant et s’est délivré à lui-même, ainsi qu’à ses proches et à certains de ses patients de faux pass sanitaires (89 au total). Dénoncé par un pharmacien, Michel Procureur est passé en conseil disciplinaire de l’ordre régional des médecins à Nantes et a été interdit d’exercer pendant trois ans, du 1er février 2024 au 31 janvier 2027. Il a fait appel de cette décision et sa demande d’annulation sera examinée le 17 février prochain devant le Conseil national de l’ordre des médecins à Paris. Il est par ailleurs poursuivi au pénal et passera en audience le 9 mars 2026 au tribunal judiciaire de la Roche-sur-Yon. La Caisse primaire d’assurance maladie lui réclame, en outre, le remboursement de l’intégralité des actes qu’il a prescrits durant la période où il a exercé sans être vacciné, soit 250 000€.

Dans une interview accordée au magazine Nexus, le Dr Procureur revient sur ce qui l’a amené à désobéir et à enfreindre la loi au nom de son serment d’Hippocrate et de ses valeurs, son unique motivation étant de préserver la santé et la vie de ses patients et de ses proches.

Le Syndicat Liberté Santé appelle à soutenir le Dr Procureur en formant des rassemblements lors de ses différentes audiences:

  • Mardi 17 février à 13h45 devant le Conseil national de l’ordre des médecins, 4 rue Léon-Jost à Paris (début de l’audience à 14h15);
  • Lundi 9 mars 2026 à 13h30 devant le Palais de justice, 55 boulevard Aristide-Briand à La Roche-sur-Yon (début de l’audience à 14h).

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