MK Ultra devant le congrès US: dossier clos ou encore actif?

Diffusion de notre analyse en vidéo dimanche 12 juillet à 20h30.
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Le 30 juin 2026 aux États-Unis, une commission parlementaire se donnait pour objectif de « dévoiler la vérité sur le programme MK Ultra de la CIA ». La promesse a-t-elle été tenue? Dans un entretien vidéo, nos journalistes Alice et Senta Depuydt reviennent sur cette actualité et mettent en perspective les programmes de contrôle mental. Plus que de prophétiser l’échec probable de cette commission (à l’image de la stérilité de la première commission dépêchée dans les années 1970), il s’agit de comprendre en quoi le contrôle mental est « l’outil à tout faire » des structures de pouvoir, une pièce nécessaire à tout l’édifice.

Audition complète ici

La Task Force on the Declassification of Federal Secrets (un groupe de travail rattaché au House Oversight Committee – Commission de surveillance de la Chambre des représentants), présidée par la représentante républicaine Anna Paulina Luna, s’est réunie la semaine dernière pour une audition qui promettait d’apporter de nouveaux éléments au dossier du sombre programme MK Ultra de la CIA.

Il est difficile de chiffrer le nombre exact des personnes que le programme aura tenté de briser psychiquement, sur plusieurs décennies, aux États Unis et dans les pays de l’OTAN.

Des dizaines de milliers de victimes de par le monde?

Tom O’Neill, journaliste d’investigation et témoin de l’audition a estimé à 149 le nombre d’implantations pour les programmes liés au projet MK Ultra, qui selon lui concernerait jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de victimes. « C’est une autre raison pour laquelle il n’y a pas eu de poursuites. Si ces personnes avaient été indemnisées, cela aurait pu conduire à la faillite des USA. », observe-t-il.

Les « expérimentations humaines » relatées par les archives et par de très nombreux témoignages dépassent l’entendement. Administration de drogues, hypnose, privation sensorielle, sévices et abus de toutes natures: ces méthodes visaient à briser la volonté d’un individu et à fragmenter sa psyché, pour y implanter -parfois au sens propre, s’agissant des implants cérébraux- des « corps étrangers »: faux souvenirs ou véritable reprogrammation mentale, au service d’une fin déterminée.

On peut s’étonner, avec Cathy O’Brien (une survivante) qu’aucune victime ou témoin direct des réseaux n’ait été invité à s’exprimer lors de l’audition parlementaire (podcast).

À partir des années 1950, il semblerait que ces tortures aient pris une tournure industrielle. Elles furent présentées comme des expériences scientifiques; particulièrement au lendemain de la seconde guerre mondiale, quand des officiers « médicaux » nazis ont été transférés aux États-Unis via l’opération Paperclip. La blouse blanche tient alors lieu de cagoule du bourreau; les hôpitaux, les orphelinats, les universités, les prisons et l’armée deviennent des réservoirs à cobayes via des contrats de partenariat avec la CIA -qui opère aussi de l’autre côté de l’Atlantique. L’affaire de Pont-Saint-Esprit en France est rapidement évoquée lors de l’audition (nous y revenons également au cours de notre entretien).

Le dossier Epstein, qui fait parallèlement l’objet d’une commission parlementaire aux États-Unis, pourrait-il être lié aux programmes de contrôle mental? Ou plutôt: comment pourrait-il ne pas l’être? Certaines branches de ces programmes de torture, à dénomination multiple, concerneraient aussi les personnalités de l’industrie de la musique et du cinéma. Nous évoquons avec Senta Depuydt ce dossier « Monarch » qu’Alexandre Lebreton a amplement documenté.

Abus rituels, contrôle mental?

Les programmes de contrôle mental de la CIA et les abus rituels infligés en réseau sont-ils une seule et même pratique ou parle-t-on de deux mondes différents? En quoi peut-on parler de « magie » dans ce contexte? Senta tente d’y répondre.

Au-delà de ces questions, nous évoquons aussi des figures comme Charlie Kirk, John F. Kennedy, Charles Manson, les têtes couronnées ou encore l’Institut Tavistok -entre autres-, afin de mettre en lien des événements que l’histoire officielle nous présente opportunément comme isolés.

D’autre part, qu’en est-il de la thèse d’un programme MK déployé à large échelle pour le contrôle des foules? A ce sujet, l’entretien aborde les cas de « Targeted individuals », ces personnes qui se disent ciblées et se plaignent d’être soumises individuellement à plusieurs formes de harcèlement. Les nouvelles technologies utilisées pour le contrôle mental sont également évoquées, mais lors de l’audition parlementaire, Stephen Kinzer, (l’auteur de Poisoner in chief) a tenu à souligner pour sa part la toute puissance des médias et des réseaux qui suffit à forger l’opinion.

Enfin, Senta Depuydt propose des pistes concrètes de protection contre ce type d’emprise, nourries par les témoignages des « survivantes » d’abus rituels et de programmation mentale, qui offrent une compréhension fine des procédés utilisés et des mécanismes psychiques à l’œuvre.

Bon visionnage!

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