À l’occasion de la projection du film documentaire de Klaus Scheidsteger «le dilemme du numérique» au Centre de l’étoile à Thonon-les-Bains (74200), Essentiel News est allé à la rencontre de Lionel Paquien, délégué de l’association française Robin des Toits pour les départements Isère et Drôme.

Robin des Toits est une association militante fondée en 2004, dont la vocation est d’informer et d’alerter les citoyens sur les dangers des ondes électromagnétiques. En tant qu’ingénieur physicien, Lionel Paquien connaît bien la problématique liée aux effets des ondes électromagnétiques artificielles. Selon lui, avec l’avènement de la 5G et bientôt de la 6G, nous avons effectué un véritable virage sociétal.

D’une part le danger des ondes électromagnétiques artificielles réside dans le fait qu’elles sont polarisées et pulsées, ce qui fait peser des risques sanitaires considérables sur l’ensemble du vivant. Cela a été démontré : les cellules soumises à des ondes électromagnétiques artificielles subissent un véritable stress délétère. D’autre part, avec la 5G advient également la géolocalisation et avec elle la question éthique du traçage.

«Nous sommes en train de vivre avec les générations 5G et 6G un virage de société parce que la 5G permet la géolocalisation, donnée sociétale importante sur où on est et ce qu’on est en train de faire, ce qu’on est en train d’acheter, etc.»

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a évalué que 5% de la population est EHS, c’est-à-dire électrohypersensible). Pour Lionel Paquien, nous sommes en fait tous électrosensibles à des degrés différents et ce chiffre de 5% ne fera qu’augmenter.

En cause, la prolifération des antennes dont la puissance est cumulative avec les systèmes antérieurs du type 2G, 3G, 4G. À cela s’ajoutent également les objets connectés du quotidien, l’omniprésence de la Wifi et l’arrivée des satellites. Tout cela crée un électrosmog dont il est difficile d’échapper tant les zones blanches se raréfient.

Alors que faire ?

Si actuellement il est ardu de s’opposer à la mise en place d’une antenne notamment parce qu’une partie des prérogatives du maire ont été enlevées avec la loi ELAN, l’initiative citoyenne à travers des collectifs peut être un des meilleurs moyens de résister.

Pour aider à mieux comprendre et mieux s’organiser face à la déferlante technicienne, Robin des Toits sort ce mois-ci un Manifeste pour la santé du vivant, la planète et la démocratie, au titre on ne peut plus explicite «Libérons-nous du tout connecté!» paru aux éditions Yves Michel. Il est en continuité avec un précédent ouvrage “Le monde de la 5G : la démocratie en péril” écrit par Denis Bourgeois, membre de Robin des Toits et préfacé par le président de l’époque, sorti chez le même éditeur.

Pour l’association militante, il ne s’agirait pas de renoncer à l’utilisation d’ondes électromagnétiques mais il «suffirait» dans un premier temps de renoncer aux ondes pulsées et de réduire les niveaux d’émissions à un niveau acceptable oscillant aux alentours de 0,02 volts/mètre.

Au quotidien, c’est aussi à l’usager du téléphone mobile d’agir en refusant les téléphones 5G, en utilisant son appareil avec modération, en prenant soin d’éviter de le porter à l’oreille lors d’une communication, en utilisant le mode haut-parleur ou en évitant de le laisser dans la poche.

C’est à chacun de nous en conscience de considérer le sujet des ondes électromagnétiques comme sérieux afin de choisir ensemble le modèle de société que nous souhaitons.

Aller plus loin

Pollution électromagnétique : limiter son exposition

Voir le documentaire Le Dilemme du numérique en ligne, moyennant une contribution au réalisateur Klaus Scheidsteger

https://www.robindestoits.org