Émancip’Actions: comment devenir acteur de sa souveraineté?

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Du 24 au 27 septembre, Essentiel News a été média partenaire d’Émancip’Actions: La Rencontre des nouveaux mondes, organisée près de Bourges. Quelque 150 participants, une cinquantaine de bénévoles et d’intervenants, huit grandes thématiques et une quarantaine d’ateliers sur quatre jours. L’objectif: transmettre des outils concrets permettant à chacun de devenir davantage acteur de son existence et de la transition collective. Akina était présent sur place et nous livre un compte-rendu sensible de cette première édition. Et bonne nouvelle pour ceux qui n’ont pu y assister: 60 heures de replays sont disponibles en vidéo.

« On ne voit bien qu’avec le cœur »

Il n’est finalement pas si simple de faire le compte rendu d’Émancip’Actions. Parce qu’au-delà des conférences, des ateliers, des chiffres et des connaissances transmises, une partie essentielle de ce qui s’est passé pendant ces quelques jours ne se mesure pas vraiment.

Comme l’écrivait Antoine de Saint-Exupéry dans Le Petit Prince: « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Et de l’essentiel, il y en avait beaucoup !

De la fraternité, de la bienveillance, de l’écoute, des rencontres, des échanges, des repas partagés. Des bénévoles courant d’un endroit à l’autre, des intervenants disponibles, des participants curieux et une impression générale de communion assez difficile à restituer avec des mots.

S’il fallait retenir une première chose de ces quatre jours, ce serait peut-être celle-ci: nous n’étions pas simplement dans un lieu de formation, mais dans un espace où l’on tentait de vivre et d’expérimenter ce dont on parlait.

Pas de têtes d’affiche, mais des expériences à transmettre

Autre particularité assez remarquable: Émancip’Actions avait fait le choix de ne pas construire sa programmation autour de « stars » ou de grandes têtes d’affiche. Certains intervenants bénéficiaient certes d’une certaine notoriété, mais celle-ci n’était pas le centre de la communication. Pas de hiérarchie apparente entre celui qui possède une importante communauté et celui dont le nom est inconnu du grand public.

Ce qui comptait davantage était ce que chacun venait transmettre: une expertise, une expérience, un parcours de vie, des années de pratique ou un engagement concret. Une quarantaine d’intervenants se sont ainsi succédé bénévolement pour partager non seulement des idées, mais surtout des outils et des expériences.

Cette philosophie rejoint l’ambition affichée par Émancip’Actions: associer une « posture intérieure » à des « outils extérieurs » afin de proposer une feuille de route vers davantage de souveraineté individuelle et collective.

Emancip'Actions
Quelque 200 personnes étaient réunies ce week-end près de Bourges pour la 1ère édition d’Émancip’Actions.

Huit domaines pour reprendre la main

Le programme était construit autour de huit grands piliers: résilience alimentaire et eau; habitat et environnement; souveraineté numérique; autonomie en santé; souveraineté monétaire et financière; vivre en société et gouvernance; éducation et enfance; souveraineté individuelle et posture.

Une quarantaine d’ateliers d’environ 1h30 se sont déroulés en simultané durant ces journées de rencontre. Difficile évidemment de tout raconter. Mais trois ateliers vécus sur place permettent d’illustrer la diversité de cette « boîte à outils ».

Dans le domaine de l’éducation et de l’enfance, l’atelier « Activer l’énergie d’amour pour retrouver sa souveraineté », animé par Marie-Pierre Lescure et Virginie de l’association Educ’AT, a combiné une première partie axée sur la transmission à une seconde partie plus expérientielle, vécue collectivement par une cinquantaine de participants. Un moment particulièrement fort, sur le plan sensoriel et humain, dont la nature même est difficile à décrire. Sans doute fallait-il être là pour le comprendre pleinement…

Dans le domaine de l’habitat, l’atelier « Les mains dans la matière », avec Gurun, a permis de passer littéralement de la théorie à la pratique autour de la construction en paille et des enduits en terre. Une transmission nourrie par plusieurs décennies d’expérience dans l’autoconstruction.

Enfin, autour de la résilience alimentaire territoriale, Céline et Nina ont exploré des outils permettant de réfléchir concrètement à la capacité d’un territoire et de ses habitants à anticiper les crises et à renforcer leur autonomie alimentaire.

Trois exemples qui montrent bien la philosophie générale: comprendre, expérimenter, apprendre et repartir avec quelque chose de concret que l’on peut mettre en pratique.

Plus d’un an de préparation et une aventure bénévole

Ce qui était visible durant ces quatre jours reposait surtout sur ce qui ne l’était pas: plus d’une année de préparation et l’investissement considérable d’une équipe de bénévoles. Une cinquantaine de personnes ont participé au fonctionnement de l’événement: accueil, coordination, restauration, technique, logistique, communication, audiovisuel…

Une pensée particulière va au noyau dur de cette équipe, engagé depuis des mois pour rendre cette rencontre possible, ainsi qu’à tous les intervenants venus eux aussi bénévolement partager leur expérience.

Le résultat est d’autant plus remarquable que la volonté était de maintenir l’événement accessible à tous financièrement. Le pass complet de trois jours (le jeudi étant uniquement une soirée d’ouverture) était ainsi proposé à 60 €, donnant accès à l’ensemble des ateliers, conférences et animations.

Et puisqu’un événement humain se vit aussi autour d’une table, impossible de ne pas saluer le travail réalisé en cuisine. Dans des conditions proches de celles d’un festival, le trio aux fourneaux, avec Nico comme chef d’orchestre, a réussi à proposer des assiettes que certains auraient volontiers qualifiées de dignes d’un très bon restaurant, avec une attention particulière portée aux produits bio et locaux.

Ces repas furent aussi des moments essentiels de rencontre: ceux où les conférences se poursuivent sans micro et où intervenants, bénévoles et participants se retrouvent simplement autour de la même table.

Huit médias et près de 60 heures de captations sauvegardées

L’autre petit exploit de ce week-end s’est joué derrière les caméras. Grâce à la coopération de huit des médias partenaires présents sur place, la quasi totalité des 40 ateliers a pu être captée. Caméras, micros, pieds, cartes mémoire, ordinateurs… Là encore, une organisation essentiellement bénévole a permis de constituer ce qui représente aujourd’hui une véritable bibliothèque audiovisuelle de près de 60 heures de vidéos.

Cette bibliothèque permettra aux participants de découvrir les ateliers auxquels ils n’ont pas pu assister, puisque plusieurs avaient lieu simultanément. Elle permettra également à tous ceux qui n’ont pas pu venir à l’événement d’accéder aux replays des ateliers et conférences, grâce au billet virtuel à 30 €.

Apprendre, mais aussi célébrer

Émancip’Actions ne s’est pas limité uniquement à la formation. Les soirées ont laissé la place à la culture, à l’art, au spectacle et à des temps festifs prolongeant autrement les réflexions de la journée.

Parmi ces moments, la projection du film Artistes de la vie avec l’équipe d’On passe à l’acte, mais également un spectacle d’Élodie Mercadié, « Générale Brigitte », sont venus rappeler que la transformation ne passe pas seulement par l’acquisition de connaissances: l’imaginaire, l’émotion, l’art et le récit peuvent eux aussi contribuer à ouvrir d’autres possibles.

Et maintenant?

C’est probablement la question qui reste après ces quatre jours. Le site d’Émancip’Actions résume son ambition en quelques mots: « Des outils concrets, du lien, une autonomie joyeuse. »

Cette première édition aura en tout cas montré qu’il existe un espace pour des événements qui ne cherchent pas uniquement à informer sur les transformations du monde, mais aussi à former, à transmettre et à expérimenter. Des événements où l’on ne vient plus seulement écouter quelqu’un expliquer ce qui ne fonctionne pas, mais où l’on apprend à cultiver, à construire, à coopérer, à éduquer autrement, à reprendre la maîtrise de ses outils numériques, à réfléchir à d’autres formes d’échanges ou simplement à travailler sur sa posture. En somme, des événements où l’on apprend à passer progressivement de spectateur à acteur de son existence.

Et peut-être est-ce là que se trouve l’une des perspectives les plus intéressantes ouvertes par cette rencontre: imaginer des médias et des événements qui ne se contentent plus seulement de documenter le changement, mais qui contribuent aussi à transmettre les connaissances permettant aux citoyens de l’expérimenter.

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